EPI-CLIN 2011 / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 59S (2011) S18–S36 S33 Charlson 3, OR = 3,1 ; IC95 % [1,5–6,4]), un faible support social (OR = 2,6 ; IC95 % [1,5–4,4]) et un premier oubli précoce du traitement (au moins deux prises oubliées dans les dix premiers mois, OR = 2,9 [1,5–5,4]) sont associés à un risque plus élevé d’interruption du tamoxifène. Conclusion.– L’adhérence au tamoxifène chez la femme âgée de moins de 40 ans est faible. Des interventions visant à améliorer l’adhérence sont nécessaires car ce traitement reste pour ces femmes un élément majeur du traitement adjuvant du cancer du sein. doi:10.1016/j.respe.2011.02.054 P5-14 Mesurer les contacts entre soignants et patients au moyen de capteurs électroniques : le cas de la tuberculose C. Laouenan a,b , G. Chelius c , D. Lepelletier d , E. Fleury c , F. Mentre a,b , J.-C. Lucet a a Hôpital Bichat-Claude Bernard, AP–HP, Paris, France b Inserm UMR-S738, université Paris-Diderot, Paris, France c Inria/ENS, Lyon, France d CHU de Nantes, Nantes, France Mots clés : Tuberculose ; Mesure de l’exposition ; Personnel soignant Introduction.– La mesure de l’exposition des personnels soignants (PS) à un patient tuberculeux repose sur des méthodes d’audits chronophages ou sur l’autoévaluation par les PS. L’objectif était de mesurer de fac ¸on objective les interactions entre les PS et les patients tuberculeux à l’aide de capteurs. Méthodes.– L’étude Tubexpo s’est déroulée dans deux services de deux hôpi- taux de l’AP–HP (maladies infectieuses et pneumologie). Cinquante chambres ont été équipées d’un capteur fixe et les PS volontaires d’un capteur mobile. Durant trois mois, toutes les interactions ont été enregistrées. Après une étape de reconstruction du signal, la durée et le nombre de contacts par jour entre PS et des patients tuberculeux en isolement respiratoire (cas suspects et confir- més) ont été analysés. Parallèlement, des audits ont été conduits ainsi que des auto-évaluations par les PS de leurs contacts avec ces patients dans les jours précédents. Résultats.– Au total, 5490 contacts ont été analysés entre 82 PS et 54 patients tuberculeux. La durée médiane de contact [intervalle interquartile] était de 2,1 minutes [0,8–4,4], différente entre le matin (2,3 [0,8–5,0]), l’après midi (1,8 [0,7–3,7]) et la nuit (2,0 [0,7–4,3]) (p < 10 -4 ). Le nombre médian de contacts par jour pour un PS était de 3,0 [1,0–6,0] pour une durée médiane journalière de 7,6 minutes [2,4–22,5]. Pour les 67 audits, la durée médiane de contact était de 2,0 minutes [0,2–18,0] non différente de celle mesurée par les capteurs (p = 0,1). Pour les 94 auto-évaluations, la durée médiane de contact était de 5,0 minutes [1,0–50,0] plus élevée que celle mesurée par les capteurs (p < 10 -4 ). Conclusion.– Une mesure objective et automatisée des contacts entre PS et patients tuberculeux est possible en milieu hospitalier grâce à des capteurs inter- agissant entre eux. Cette méthode pourrait se substituer aux audits et devrait être utilisée dans la modélisation de la transmission des infections. doi:10.1016/j.respe.2011.02.055 P5-15 Évaluation de l’impact d’une intervention sur la prise en charge des plaies au CHU Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt, France) A.-S. Lot , S. Gnamien , F. Espinasse , M. Ollive , A. Beauchet , E. Mahé CHU Ambroise-Paré, Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Boulogne-Billancourt, France Mots clés : Plaie ; Évaluation des pratiques professionnelles Introduction.– En 2008, une première évaluation de la prise en charge des plaies au CHU Ambroise-Paré (92) a montré l’existence de très nombreuses plaies (pré- valence des patients avec plaies de 57 %) mais des soins souvent non conformes aux référentiels. L’objectif de cette deuxième évaluation, réalisée en 2010, est d’évaluer l’impact des mesures mises en place après 2008, notamment la création d’un groupe plaies et cicatrisation (GPC). Méthodes.– Cet audit clinique, de type « un jour donné », consiste en l’examen systématique du tégument des patients hospitalisés par deux évaluateurs puis au recueil d’informations relatives aux patients, à leurs plaies éventuelles ainsi qu’à leur prise en charge. Les soins réalisés sont comparés à ceux préconisés par le référentiel des soins des plaies de l’hôpital. Résultats.– En 2010, sur 193 patients évalués, 97 patients avaient au moins une plaie (50 %). Les caractéristiques des plaies étaient semblables pour les deux évaluations. Si on observe la même proportion de fiches pansements entre les deux évaluations (56 % vs 56 %), on note une légère amélioration de la prescrip- tion de pansements (12 % en 2008 vs 21 % en 2010) et du nettoyage des plaies (9 % vs 16 %), de l’adéquation du pansement primaire au référentiel « plaies » (18 % vs 24 %) et une diminution de l’utilisation d’antiseptiques (45 % vs 33 %) dont l’emploi n’est pas recommandé. Discussion/conclusion.– On note une tendance à l’amélioration de la prise en charge des plaies deux ans après l’évaluation initiale. Cette amélioration peut être attribuée au GPC qui a permis la rédaction et la diffusion de référentiels et de « fiches pansements », ainsi que des actions de formation. Mais ses actions doivent perdurer pour permettre une meilleure sensibilisation des professionnels à la prise en charge des plaies. doi:10.1016/j.respe.2011.02.056 P5-16 Évaluation de l’impact à long terme de la réanimation P. Martel-Samb a , B. Guidet b , P. Aegerter a,c a Unité de recherche clinique Paris-Ouest, hôpital Ambroise-Paré, AP–HP, Boulogne, France b Inserm U707, réanimation médicale, hôpital Saint-Antoine, université Pierre-et-Marie-Curie, AP–HP, Paris, France c EA2506, université Versailles, Saint-Quentin, France Mots clés : Survie relative ; Réanimation Introduction.– Les études consacrées à l’impact à long terme d’un passage en réanimation sont assez hétérogènes, dans la population étudiée, dans l’horizon retenu, dans le contexte de soins, essentiellement anglo-saxon. Leur synthèse indique que l’impact du passage en réanimation pourrait se faire sentir jusqu’à deux à trois ans, voire plus. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact à long terme du séjour de réanimation sur la mortalité de patients franc ¸ais et d’estimer au bout de quel délai les patients retrouvent une espérance de vie similaire à celle de leur génération. Méthodes.– Nous avons utilisé les séjours enregistrés dans CubRéa 1999–2000, dont les patients étaient sortis vivants de l’hôpital. CubRéa est une base commune à 35 services de réanimation d’Île-de-France. Le statut vital a été renseigné par la procédure mise en place par le Cepi-DC. La survie observée a été décrite selon la méthode de Kaplan-Meier. La survie relative a été calculée selon la méthode d’Ederer. Une analyse multivariée selon l’âge et le sexe a été menée en utilisant le modèle de Cox pour la survie nette et le modèle d’Estève pour la survie brute. Résultats.– Sur les 10 049 séjours éligibles, 3575 (35,6 %) ont pu être identifiés pour être exploités par le Cepi-DC (médiane d’âge : 51 [35–69]). Dans les cinq ans suivant le séjour, 1358 (38%) décès ont été enregistrés. Le taux de survie relative à cinq ans était de 33,7 %, 36,4 % pour les hommes et 29,3 % pour les femmes. L’excès de risque diminue très fortement dans les dix premiers mois suivant la sortie de réanimation, puis plus progressivement jusqu’à quatre à cinq ans pour se stabiliser ensuite. Discussion/conclusion.– L’impact du passage en réanimation pourrait se faire sentir jusqu’à quatre à cinq ans mais de fac ¸on différentielle selon les sujets. L’étape suivante consistera à vérifier la valeur pronostique des indices de comor- bidité utilisés en réanimation. doi:10.1016/j.respe.2011.02.057