L’utilisation des simulations informatisées pour la recherche en éducation Gilles Raîche, UQAM Komi Sodoké, UQAM Jean-Guy Blais, Université de Montréal Martin Riopel, UQAM David Magis, Katholieke Universiteit Leuven Résumé Les méthodes de recherche en éducation se sont beaucoup développées au cours des dernières années. Pour soutenir celles-ci, des outils informatiques permettent d’automatiser diverses tâches répétitives et fastidieuses, ainsi que d’accélérer la vitesse d’exécution de celles- ci. La capacité de réaliser la simulation, par méthodes stochastiques ou non stochastiques, de phénomènes impossibles à imaginer auparavant est une de ces tâches. Ce chapitre permettra de définir la notion de simulation en contexte de recherche, de présenter certains principes et méthodologies spécifiques à la mise en oeuvre d’une simulation, ainsi que d’illustrer ces principes et méthodologies à partir de quelques exemples tirés de nos travaux de recherche. Introduction Les méthodes de recherche en éducation se sont beaucoup développées au cours des dernières années. Les outils informatiques ont participé grandement à ce développement en permettant d’automatiser diverses tâches répétitives et fastidieuses, ainsi que d’accélérer la vitesse d’exécution de celles-ci. Parmi ces tâches, soulignons la simulation de divers phénomènes. Il existe plusieurs façons de réaliser une simulation au regard des méthodes de recherche. Ce chapitre vise à 1) expliquer ce qui est entendu par le concept de simulation lorsqu’il est question de méthodologie de recherche; 2) identifier quelques approches classiques et 3) donner quelques exemples tirés de nos propres travaux de recherche. 1. Concept de simulation Une simulation est une reproduction simplifiée d’un phénomène. Elle permet de modéliser une situation dans laquelle on peut manipuler des paramètres sans avoir à se méfier de l’intervention potentielle de variables parasites. Des informations sont intégrées à un modèle (intrants) et des résultats conséquents sont observés (extrants) (Bratley, Fox et Schrage, 1987; van der Maren, 2003). Les observations qui découlent d’une simulation peuvent ainsi être interprétées strictement au regard du modèle impliqué. Bien sûr, le modèle sous jacent à une simulation consiste toujours à une représentation générale et réduite de la réalité (van der Maren, 2003, p. 258-260). En ce sens, les interprétations qui en découlent doivent être utilisées avec prudence. On fait usage de simulations et de modèles tous les jours et pas seulement à l’intérieur de travaux de recherche. Par exemple, un enseignant qui surveille ses élèves lors de l’administration d’une épreuve certificative en mathématiques doit prévoir des scénarios, soient des modèles, qui sont des indicateurs de plagiat potentiel. Un élève, pour sa part, qui cherche à réussir une tentative de