1 Article paru dans Dictionnaire de Spiritualité, volume XV, Paris, 1991, col. 708-718 THOMAS * Simon C. Mimouni Thomas est l'un des douze apôtres. Le nom de Thomas vient de l'araméen amat (de l'hébreu טאםqui signifie « être double », « être à deux ») que le grec transcrit Qwma'", dont le surnom était Divdumo" (c'est-à-dire « Jumeau »), ajoute l'Evangile de Jean (au sujet de l'étymologie du nom de Thomas, voir les articles de J.J. GUNTHER, « The Meaning and Origin of the Name <<Judas Thomas>> », in Muséon 93 (1980), p. 113-148 et de P.-H. POIRIER, « Une étymologie ancienne du nom de Thomas l'apôtre et sa source », in ParOr 10 (1981-1982), p. 285-290). On peut lire une excellente étude sur « la tradition de Thomas le Didyme » dans R. KUNTZMANN, Le symbolisme des jumeaux au Proche-Orient ancien. Naissance, fonction et évolution d'un symbole, Paris, 1983, p. 164-182, à laquelle cette contribution est en partie redevable. A cause de cette tradition d'origine johannique, on trouve, dans la littérature apocryphe, diverses légendes pour savoir quel était son jumeau. Les Homélies Clémentines parlent, à ce propos, d'un certain Eliézer qui aurait été le jumeau de Thomas (cf. Hom II, 1). Dans les Actes de Thomas, il est appelé Judas Thomas, Judas, Thomas, Judas celui qui est Thomas, Judas Thomas celui qui est Dydime. Eusèbe de Césarée cite un fragment de la Chronique d'Edesse où il est désigné aussi sous le nom de « Judas, qu'on appelle aussi Thomas » (cf. HE I, XIII, 11). Thomas est surtout célèbre comme étant celui qui ne croit que ce qu'il voit (cf. Jn 20, 24-29). Cet article traitera de toute la littérature chrétienne ancienne en relation de près ou de loin avec l'apôtre Thomas. En dehors des mentions relatives à Thomas dans la littérature canonique et patristique, on s'intéressera plus particulièrement à l'Evangile de Thomas, à l'Evangile gnostique de Thomas, au Livre gnostique de Thomas, aux Actes de Thomas et à l'Apocalypse de Thomas, mais on signalera aussi les Psaumes de Thomas dans le Psautier manichéen, ainsi que le Martyre de Thomas qui relève de la littérature hagiographique. Il faut savoir qu'à côté d'un Thomas disciple de Jésus, on rencontre aussi un Thomas disciple de Mani. Il ne fait pas de doute que le second personnage est une reprise du premier. * Au sujet des abréviations : le système récemment élaboré par S. SCHWERTNER, Index international des abréviations pour la théologie et matières affinissantes (sic!). Périodiques, séries, dictionnaires, éditions des sources avec données bibliographiques, Berlin-New York, 1974 (un supplément à cette édition a paru en 1976), est utilisé.