Chapitre 10 L’Île-de-France Nicolas Bernigaud, Alain Berga, Johann Blanchard, Olivier Blin, Muriel Boulen, Lionel Boulenger, Marie Derreumaux, Gilles Desrayaud, Cyril Giorgi, Sébastien Lepetz, Pierre Ouzoulias, Jean- Marc Séguier, Françoise Toulemonde et Véronique Zech-Matterne – Chapitre 10, in : Gallia Rustica, p. 389-494 I ntroduction (NB) Depuis la publication, en 1961, du Paris Antique de P.-M. Duval, qui faisait le point sur les connaissances de l’époque à l’échelle de l’Île-de-France, l’inflation documentaire a été telle qu’il est devenu quasiment impossible de la maîtriser (Duval 1961). Le corpus archéologique a en effet été considérablement enrichi, à partir des années 1990, par l’activité d’archéologie préventive liée au très fort développement de l’agglomération parisienne. L’aménagement de villes nouvelles, la construction d’autoroutes, de zones industrielles et commerciales, l’exploitation des carrières ont généré des recherches d’une ampleur sans équivalent sur le territoire national. Plusieurs décennies d’efforts ont permis d’accumuler en Île-de-France une documentation imposante, dont la Carte Archéologique de la Gaule permet de prendre en grande partie la mesure. Publiée pour chaque département entre 2001 et 2008 (à l’exception de la Seine-Saint-Denis), celle-ci nous offre une vision qualitative et quantitative des données archéologiques, auxquelles manquent, bien entendu, les découvertes postérieures aux publications. On observe ainsi des différences importantes dans l’épaisseur des volumes : ceux des Hauts-de-Seine (91 p.) et du Val-de-Marne (168 p.) apparaissent bien minces en comparaison de celui de la Seine-et-Marne, séparé en deux tomes de plus de 1200 pages. Si ces inégalités sont en partie liées à la superficie même des départements -les premiers sont beaucoup plus petits que le dernier-, les recherches en archéologie préventive n’y ont pas non plus connu la même intensité. L’urbanisation déjà ancienne des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne a en effet constitué un frein aux recherches qui ont pu se porter plus largement sur les autres départements restés plus ruraux. L’objectif de ce chapitre ne saurait être d’analyser dans le détail une région aussi vaste, aux paysages actuels forts contrastés en raison de l’impact et de l’extension de l’agglomération parisienne, largement mais très inégalement explorée par l’archéologie préventive récente. Nous tenterons plutôt de dégager une vue d’ensemble régionale et synthétique des données archéologiques relatives à La Tène finale et à la période gallo-romaine. Il va de soi que la somme relativement considérable des données franciliennes offre la matière à de nombreuses problématiques de recherche, dont seules quelques-unes seront ici abordées. Nous analyserons en détail 5 secteurs privilégiés où l’activité préventive récente a été très forte : la Plaine de France, le plateau de Saclay, l’ensemble de Marne-la-Vallée, le plateau de Sénart, la Bassée.