Recommandations Nos travaux ont mis en évidence ou confirmé la présence de secteurs archéologiques à sauvegarder qui complètent les zones AR du plan directeur d’urbanisme. Par souci de clarté, nous séparons les espaces marins des zones terrestres. En mer - Le port égyptien de Poidebard semble correspondre à un quartier urbain antique, de type terre-plein gagné sur la mer, immergé et érodé. Ce secteur est caractérisé par la présence de nombreux murs immergés déjà partiellement signalés par Poidebard (1939), puis Frost (1971), qui encombrent le fond du soi-disant bassin. On note aussi la présence de carrières d’extraction de grès par 2 mètres de fond. Ces carrières traduisent une montée relative du niveau de la mer d’au moins 2 mètres depuis la période d’utilisation. Les aménageurs doivent donc prendre en compte la présence très probable de structures archéologiques jusqu’à au moins deux mètres de profondeur. Dans l’état actuel de nos connaissances, cette profondeur doit être portée à cinq mètres le long du littoral de tell Rachidiyé au sud à Abassiyé au nord. Nous recommandons donc la protection intégrale des petits fonds marins de moins de 5 mètres de profondeur et nous proposons d’interdire l’ancrage des navires dans le « port sud » qui détruit les structures BAAL, Hors-Série II Le littoral de Tyr Un patrimoine archéologique et naturel à sauvegarder 283 Pp. 283-307 CHRISTOPHE MORHANGE Les articles précédents ont présenté les principaux résultats des missions de terrain à Tyr en 2000 et 2002 et les premières analyses de laboratoire. Au total, plus de 150 plongées dans le soi-disant port égyptien de Poidebard (1939) et dans la rade Sud ont été effectuées, ainsi que 27 carottages à terre (25) et en mer (2). Ces nouvelles données permettent de proposer un plan plus précis de sauvegarde du patrimoine archéologique et naturel des littoraux de Tyr, basé sur une approche pluridisciplinaire, associant les géosciences à l’archéologie à terre comme en mer. À la demande de la Commission du Patrimoine Mondial de l’UNESCO et de la DGA du Liban, nous proposons des modifications du plan directeur d’urbanisme en cours d’élaboration qui prennent mieux en compte la richesse du patrimoine archéologique et du milieu naturel côtier, éléments indispensables à un développement raisonné et durable de cette petite métropole du Sud Liban en voie de développement rapide. Afin d’éviter les erreurs d’un passé proche, comme l’urbanisation anarchique du tombolo à proximité de l’hippodrome antique d’El Bass, nous préconisons le respect du zonage proposé.