Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance – Tome LXXXII – 2020 – n° 3, p. 577-581
JEAN-FRANÇOIS GILMONT :
D’IGNACE DE LOYOLA À JEAN CALVIN (1934-2020)
Jean-François Gilmont a obtenu tardivement son diplôme d’Agrégé de
l’enseignement supérieur (1997), vingt ans après sa thèse sur Jean Crespin,
et peu avant son éméritat (1999) : sa carrière académique à l’université de
Louvain-la-Neuve (UCL) n’a pas refété le rayonnement international de
ses travaux. Dr. honoris causa de l’Université catholique de Milan (2006),
il s’en amusait : « nul n’est prophète dans son pays. »
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C’est pourquoi il fut
si attaché à sa dernière maison, l’Académie royale de Belgique, à partir de
son élection en 2004. Il était très fer que son élection ait été proposée par
deux femmes, scientifques de renom. Profondément « féministe », il valorisait
toujours le travail de son épouse, Martine Jacobs, qui travaillait alors au sein
de la Bibliothèque royale de Belgique, aux Archives et Musée de la littérature.
Elle l’a accompagné lors de ses voyages bibliographiques pendant lesquels
il écumait les fonds anciens des bibliothèques d’Amérique, de Suisse,
d’Allemagne, de France ou d’Italie. Ils travaillaient toujours ensemble. Il
n’aurait pas été possible de réaliser son immense labeur bibliographique sans
la présence attentive de son épouse à ses côtés.
Il avait une façon bien à lui de préparer ses voyages d’études : ni trop ni
trop peu, avait-il coutume de dire. Il se fxait des objectifs et s’y tenait. Comme
il l’écrivait dans sa très belle « Lettre à un bibliographe débutant » en 1991, en
guise d’éditorial pour le premier numéro du Bulletin du bibliophile : « Soyons
méthodique. Une bibliographie, c’est tout d’abord un projet. Ensuite c’est
une enquête. Enfn c’est une publication » (repris dans Le livre et ses secrets,
p. 17). Il se perdait rarement en chemin, et détestait les digressions qui diluent
le propos.
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Jean-François Gilmont est engagé dans le personnel scientifque de l’UCL en 1968.
Il y devient Conservateur de la bibliothèque de théologie en 1977. Après une mission
de deux ans à Genève pour publier la bibliographie des œuvres de Calvin éditées au
xvi
e
siècle (1989-1991), il rentre à Louvain-la-Neuve comme Conservateur à la
Bibliothèque Générale et de Sciences Humaines. Bien qu’il ne soit nommé chargé de
cours à temps partiel qu’en 1992, il y enseigne depuis 1975 : l’heuristique en sciences
religieuses (1975-1989), l’histoire du livre et de la lecture (1984-1989 et 1991-2000), un
cours sur les origines historiques de la civilisation occidentale (1993-1999), l’histoire de
l’humanisme (1995-1999). Il est admis à l’éméritat le 1
er
avril 1999. Il a été Président de
l’Association Professionnelle des Bibliothécaires et Documentalistes de 1984 à 1988 et
membre du Comité de rédactions de diverses revues (Revue d’histoire ecclésiastique,
1983-1987 ; Lectures, 1984-1999 ; Cahiers de la documentation, 1987-1989 ; Nederlands
Archief voor Kerkgeschiedenis, 1992-1999 ; Quærendo, 1994-1998).
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