Abstract / Annals of Physical and Rehabilitation Medicine 54S (2011) e55–e61 e57 Aujourd’hui les principaux opérateurs franc ¸ais (SFR, Bouygues Télécom, Orange) proposent ce type de services. Il existe plusieurs technologies de localisation : – CellId : basée sur les cellules des réseaux mobiles (précision de localisation de 500 m en ville à 2,5 km en campagne mais accessible sur tous les téléphones mobiles). Autour de la technologie basée sur les cellules, d’autres technolo- gies permettent de renforcer la précision de la localisation (par exemple la triangulation) ; – « Enhanced Assisted » GPS : localisation par satellites, associée à des don- nées de correction, pour une précision de 5 à 20 mètres. Ce type de localisation nécessite néanmoins d’être équipé d’un téléphone mobile supportant l’assisted GPS. Ces technologies sont offertes sur des plateformes intégrées aux réseaux des opérateurs qui offrent aux abonnés, au travers de la gestion de leurs autorisations à être localisés, un respect de la vie privée indispensable au développement de ce type de services. Les applications proposées aujourd’hui par les opérateurs couvrent différents domaines : – le géocontrôle parental : permet à des parents de savoir où se trouvent leurs enfants. Des systèmes de pistage permettent de s’assurer par exemple qu’un enfant ne sortira pas d’un itinéraire établi. Un exemple de ce type de service est OOTAY, offert par la plupart des opérateurs. Ce type d’application peut aussi s’adresser à des personnes âgées qui éprouvent des difficultés à se repérer. Elles peuvent être localisées par des proches ou se localiser elles-mêmes ; – la navigation ; – la gestion de flottes de véhicules ou autres au travers d’équipements munis de cartes SIM ; – les services de proximité : permettent aux abonnés de trouver des services à proximité de l’endroit où ils se trouvent : pharmacie, station essence, cinéma etc. ; – le géomarketing : accès à des publicités ou des opérations promotionnelles à proximité de la localisation ; – etc. doi:10.1016/j.rehab.2011.07.774 CO10-006–FR Évaluation d’un système de géolocalisation pour les personnes présentant une démence : prévenir, agir et sécuriser les cas d’errance J. Sablier * , N. Vuillerme, Y. Fouquet, P. Daynes, V. Rialle Laboratoire AGIM (AGe, Imagerie, Modélisation) FRE 3405, CNRS-UJF-EPHE, domaine de la Merci, 38700 La Tronche, France * Auteur correspondant. Mots clés : Démence ; Géolocalisation ; Errance ; Alzheimer Cette étude vise à évaluer l’utilisation d’un système de géolocalisation par des personnes atteintes de démence de type Alzheimer et apparenté. Ce système est composé de bracelets équipés de GPS, connecté à un service de téléassis- tance. Dans un premier temps, une « zone de Sécurité », représentant les lieux où l’utilisateur est capable de se déplacer en toute sécurité, est déterminée. Si l’utilisateur sort de cette zone, une alarme est envoyée au service de téléassistance qui entame immédiatement une procédure dite de « récupération ». L’heure des alarmes est automatiquement enregistrée, ainsi que les commentaires du télé- opérateur concernant le suivi des alertes. Les alertes de « Sortie de Zone de Sécurité » (SZS) sont considérées comme des indicateurs d’errance. Ce système a été testé par 181 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de démences apparentées (99 personnes à domicile et 82 personnes en résidences spécialisées) et leurs aidants, pendant l’année 2010. L’analyse des données révèle que 77 % des alarmes rec ¸ues concernent des alertes SZS, dont 53 % sont provo- quées dans des conditions de sécurité (sorties accompagnées ou prévues). Dans 15 % des cas, une alerte SZS est suivie par la récupération de la personne. Enfin, davantage d’alertes sont enregistrées à domicile qu’en résidence. En effet, les personnes à domicile sont plus en mesure de sortir que les personnes en rési- dence. Néanmoins, après la normalisation de la proportion des alarmes SZS, il s’avère que, proportionnellement, autant de personnes sont récupérées dans les deux groupes. Les résultats de cette évaluation suggèrent que ce type de système de géoloca- lisation pourrait offrir davantage d’autonomie dans des conditions sécuritaires pour les personnes vivant en résidence. Il pourrait permettre d’éviter de placer en résidence certaines personnes dont le seul trouble est l’errance, en sécurisant leur environnement. Des analyses complémentaires, que nous menons actuellement dans le cadre du projet ESTIMA (Évaluation Socio-sanitaire de Technologies de l’Information pour la localisation de Malades de type Alzheimer), sont néanmoins nécessaires afin d’extraire d’éventuelles différences significatives concernant l’errance à domicile et en résidence, dans le but d’améliorer les soins médico-sociaux des personnes atteintes de démence, et d’alléger le fardeau de leurs proches. doi:10.1016/j.rehab.2011.07.775 CO10-007–FR TEMSED : une approche multicritère d’évaluation des technologies de télésanté et d’autonomie Y. Fouquet , J. Sablier , N. Vuillerme , P. Daynes , V. Rialle Laboratoire AGIM (AGe, Imagerie, Modélisation) FRE 3405, CNRS-UJF-EPHE, Domaine de la Merci, 38700 La Tronche, France Mots clés : Évaluation gérontechnologique multidimensionnelle ; Gérontechnologie ; Santé à domicile ; Autonomie ; Télésanté Introduction.– Selon la littérature, un modèle général d’évaluation des technolo- gies et services de santé à domicile et d’autonomie (TSSDA) reste à construire [1]. Les divers services rendus par ces TSSDA doivent être appréciés par un processus d’évaluation multidimensionnel. Objectifs.– Nous proposons un cadre d’évaluation intégrant les « valeurs » fonda- mentales de l’évaluation et les amplitudes ou phases du processus d’évaluation. Méthodes.– L’élaboration de ce cadre est fondée sur 3 notions – systémique, essais cliniques et éthique évaluative – et 6 sources de données : bibliographie, veille technologique, études d’usage, modélisation en gérontechnologie, ren- contre d’intervenants et pratique de la préscription gérontechnologique. Résultats.– Deux axes principaux, axiologique et diachronique, émergent de la méthode [2]. L’axe axiologique met en jeu 6 domaines de valeurs : Technologique, Ergonomique, Médical, Social, Économique et Déontolo- gique (TEMSED). L’axe diachronique définit les 4types d’études successives d’amplitude croissante suivantes : études de Phase I : qualité technique, de Phase II : relation utilisateur/dispositif, de Phase III : pratiques médicales ou sociales, et de phase IV : développement économique. Conclusion.– Ce modèle constitue un cadre général destiné à structurer les grandes opérations d’évaluation appelées à se développer prochainement. Chaque sous-ensemble de l’axe axiologique possède ses propres méthodes, complémentaires les unes des autres [3]. Testé sur les technologies pour habitat intelligent [4] ou pour personnes avec déficience cognitive, TEMSED sera utilisé dans le cadre du Centre National de Référence - Santé à Domicile et Autonomie [5]. References [1] Whitten et al. A systematic review of research methodology in telemedicine studies. J Telemed Telecare. 2007;13:230–235. [2] Rialle V. Vuillerme N., Franco A. Outline of a general framework for asses- sing e-health and gerontechnology applications: Axiological and diachronic dimensions. Gerontechnology 2010;9(2):245. [3] Macdonald G, Quality indicators and health promotion effectiveness. Promot Educ.1997;4(2):5-9. [4] Fouquet Y et al. Telemonitoring of the elderly at home: Real-time pervasive follow-up of daily routine, automatic detection of outliers and drifts. In: Smart Home Systems, ISBN 978-953-307-050-6. 2010;121–138. [5] Mallea P & Franco A. French National Reference Center (CNR) for home care and autonomy. Gerontechnology. 2009;8(3):184. doi:10.1016/j.rehab.2011.07.776