RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS 45 POSTER 3 Schémas cognitifs dysfonctionnels, drogue et buprénorphine D. HAUTEKÈETE-SENCE, H. THOMAS, E. VAN DE MEIRSSCHE, M. HAUTEKÈETE UPRES TEC, EA 2453, Université de Lille 3. Objectifs. Les croyances ASP (anticipatoires, soulageantes, permissives) constatées dans la toxicomanie se retrouvent- elles avec l’usage de la buprénorphine, qu’elles concernent la drogue ou le substitut lui-même ? Notre hypothèse est que son utilisation, que ce soit comme « soin » ou comme « autre drogue », ne produit qu’un changement de surface et non celui du noyau central : les schémas dysfonctionnels. Méthode. Sujets : ce sont 106 hommes majeurs incarcérés en maison d’arrêt. Il y a 3 groupes : G1 (toxicomanes sous pres- cription de buprénorphine), G2 (toxicomanes en sevrage sans substitution), G3 (non-toxicomanes). Matériel : divers questionnaires dont C-ASP-D et C-ASP-S (croyances ASP envers la drogue et la buprénorphine), Questionnaires d’At- tribution de l’Anxiété et de la Dépression (trait, état, incar- cération, drogue, buprénorphine), Questionnaire Usage de la buprénorphine. Résultats. Pour C-ASP-D on constate que G1 = G2 > G3 (scores A, S, P et Total). Pour C-ASP-S : Total G1 > G2 > G3 mais les types de croyances A, S et P divergent selon la connaissance et la disponibilité différentes dans les groupes. La comparaison des scores D et S montre que, s’il n’y a pas d’effet pour A, G1 pour S et P dénote des scores plus impor- tants pour S que pour D. Les nombreux résultats de l’ensemble des questionnaires sont fournis et permettent une analyse fine des phénomènes. Discussion. Bien que nos sujets, des hommes incarcérés, semblent en grande majorité utiliser la buprénorphine dans une logique de soin, ils montrent vis-à-vis de la substitution des croyances ASP très semblables à celles développées par rapport à la drogue. Si cette étude valide le modèle ASP de Beck, elle montre aussi l’intérêt d’intégrer en aval du modèle les effets biologiques comme proposé dans le modèle de Tison et Hautekèete (1998). La prise de substitution permet d’arrêter l’entretien du système en réduisant la fréquence des feed-back mais ne permet pas de modifier le noyau cen- tral qu’est le schéma cognitif dysfonctionnel sous-jacent à la consommation. Ceci implique la nécessité de joindre à la mise sous substitution un travail cognitif sur les croyances dysfonctionnelles car leur persistance peut être à l’origine du craving psychique et de la vulnérabilité à la rechute. Mots-clés : schémas dysfonctionnels, drogue, buprénorphine. POSTER 3 Schémas précoces inadaptés et anorexie mentale M. HAUTEKÈETE, J. DESCAMPS, J. LEPLAY, F. DECOUVELAERE, J. VIGNAU, M. GOUDEMAND UPRES TEC, EA 2453, Université de Lille 3. Clinique de la Charité, Service d’Addictologie, CHRU Lille. Objectifs. Si on ne dispose pas d’études antérieures portant directement sur les schémas précoces inadaptés chez les ano- rexiques, il y a cependant un nombre assez important de tra- vaux concernant leurs caractéristiques et traits de personnali- té (par exemple : « perfectionnisme » et « obsessionnalité », restriction et contrôle, méfiance et inhibition émotionnelle) qui permettent d’en supposer l’existence tout au moins lors- que le trouble est installé. Par ailleurs, la théorie des schémas laisse supposer qu’une suractivation des schémas à l’adoles- cence ou l’âge adulte peut avoir des prémisses dans l’enfance. Méthode. Sujets : ce sont 16 femmes anorexiques (9 restricti- ves et 7 mixtes) ainsi que 16 sujets contrôles strictement appa- riées sur les variables signalétiques. Matériel : BDI 21, STAI Y état et trait, le questionnaire de schémas précoces inadap- tés de Hautekèete et coll., formes SCP2 « âge adulte » = « du- rant la maladie » et SCP1 « durant l’enfance » = « en rétros- pective avant 12 ans ». Résultats. Les anorexiques, dans leur ensemble ou séparé- ment, restrictives ou mixtes, sont plus anxieuses (trait et état) et plus dépressives que les contrôles. Au SCP1 chez les ano- rexiques, dans leur ensemble, la structure d’activation des schémas est différente de celle des contrôles (corrélation NS) et il apparaît une suractivation du cluster de non-expression de ses désirs et de ses besoins (schémas sacrifice de soi et sens moral implacable) et des schémas abandon et vulnérabilité. Au SCP2, tous les schémas sont suractivés pour les anorexi- ques (11 différences significatives et 2 tendances à p < 0,10). Il n’apparaît pas de différence entre les 2 groupes d’anorexiques et dans les 2 cas les schémas dans leur ensemble sont plus ac- tivés que ceux de leurs contrôles respectifs (13/13 : p < 0,001) même si pour des raisons évidentes d’effectifs il n’y a que 8 et 7 schémas qui le sont significativement dans les 2 sous-groupes. Des analyses plus fines sont présentées. Discussion. L’ensemble des données montre que l’anorexie est liée à une suractivation extrêmement forte de l’ensemble des schémas inadaptés. Les 2 types d’anorexie en sont également affectés. Un terrain favorable dès l’enfance pourrait corres- pondre à la vulnérabilité face à la suractivation spécifique de schémas d’exigences fortes et du sentiment d’abandon. Mots-clés : anorexie, schémas précoces inadaptés, anxiété, dépression.