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Document généré le 6 mai 2020 15:56
Études littéraires
Eurospy. Une culture pop européenne au lendemain de la
Seconde Guerre mondiale
Eurospy. European pop culture following the Second World
War
Matthieu Letourneux
Espionnage, complots, secrets d’État : l’imaginaire de la terreur
Volume 46, numéro 3, automne 2015
URI : https://id.erudit.org/iderudit/1039380ar
DOI : https://doi.org/10.7202/1039380ar
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Éditeur(s)
Département des littératures de l’Université Laval
ISSN
0014-214X (imprimé)
1708-9069 (numérique)
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Citer cet article
Letourneux, M. (2015). Eurospy. Une culture pop européenne au lendemain de
la Seconde Guerre mondiale. Études littéraires, 46 (3), 47–63.
https://doi.org/10.7202/1039380ar
Résumé de l'article
Entre 1950 et 1970, l’espionnage connaît dans toute l’Europe un succès
considérable. Des films, séries télévisées, collections de romans, de bandes
dessinées ou de romans-photos sont diffusés par centaines et circulent très
largement entre les pays, participant de la sorte à la redéfinition d’une identité
culturelle européenne et à son homogénéisation à travers des traductions, des
coproductions et des accords entre éditeurs. Marqués par une forte
sérialisation des discours, ces récits contribuent à redéfinir les imaginaires
européens après les bouleversements qu’ils ont connus avec la Seconde Guerre
mondiale. Marginalisée sur la scène internationale, affaiblie dans ses anciens
territoires coloniaux, traumatisée par les conflits passés entre les nations,
l’Europe se réinvente dans ces oeuvres, en mettant en scène des logiques de
collaboration inter-États et en redéfinissant ses représentations géopolitiques.
Elle négocie ainsi entre une reconnaissance de son déclin et une affirmation de
son rôle selon de nouvelles modalités. Mais c’est aussi dans le domaine des
moeurs, de la sexualité ou de la consommation que le récit d’espionnage rend
compte des tensions qui traversent les sociétés en mutations des Trente
Glorieuses, dans un discours qui oscille entre fascination et répression. En ce
sens, alors même qu’il s’agit de productions bas de gamme destinées au
divertissement, et peut-être pour cela même, les récits d’espionnage
démontrent la faculté des productions sérielles à rendre compte des mutations
des imaginaires face aux transformations d’une époque.