L’Encéphale, 2006 ; 32 : 1051-5, cahier 3 S 1051 Actualités dans le traitement non pharmacologique des schizophrénies F. PETITJEAN (1) Hôpital Sainte-Anne, Paris. La prise en charge de la schizophrénie repose sur une approche bio-psycho-sociale : les traitements antipsychotiques sont l’élément central du traitement, mais ils doivent être complétés par d’autres approches. Les traitements psychosociaux s’appuient sur une alliance thérapeutique, réalisant des prises en charge intégrées, à long terme, avec dif- férents professionnels, et prenant en compte des spécificités individuelles pour le fonc- tionnement cognitif, les habiletés sociales, l’évolution dans le temps. Divers programmes d’intervention psychosociale ont fait leurs preuves : les Programmes de suivi intensif dans le milieu (Assertive Community Treatment), les programmes psychoéducatifs, les traite- ments cognitivo-comportementaux, l’entraînement aux habiletés sociales s’appuyant sur la remédiation cognitive, ou le soutien à la réinsertion professionnelle. Le programme de « soin intensif dans le milieu » de Stein et Test a été adapté dans de nombreux pays et a prouvé son efficacité dans un grand nombre de dimensions (dimi- nution de l’hospitalisation, amélioration de la qualité de vie, symptomatologie…), en par- ticulier chez des patients difficiles, peu observants, rechutant fréquemment, ou avec des comorbidités addictives. La psychoéducation représente l’élément clé des techniques de réhabilitation, englo- bant l’éducation, l’accompagnement et le soutien émotionnel. C’est un processus à long terme, impliquant les familles et les patients, et reposant sur des programmes structurés. Les programmes d’entraînement aux habiletés sociales ont pour but d’aider le patient à développer au maximum ses capacités et à améliorer son fonctionnement social et son autonomie. Les programmes d’inspiration cognitive visent à corriger, par des stratégies spécifi- ques, des déficits cognitifs qui handicapent lourdement les patients dans leur vie sociale et professionnelle. Les techniques de remédiation cognitive sont fondées sur le constat d’une relation entre déficits cognitifs et fonctionnement psychosocial. Les programmes thérapeutiques qui s’en inspirent comportent une évaluation des fonctions cognitives, puis des exercices cognitifs basés sur la rééducation neuropsychologique. La mise en œuvre de ces programmes nécessite une relation confiante, chaleureuse et respectueuse, la fixation à l’avance de la durée du programme de soins, l’utilisation du jeu de rôle, la prescription de tâches à domicile, et l’information du patient quant aux changements observés.