S240 Congrès International ADELF-SFSP / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 61S (2013) S206–S264 complémentaire (OR = 0,7 *** ) recourent moins. Les personnes bénéficiant de la CMU-C recourent davantage (OR = 1,4 *** ). Les personnes déclarant un diabète, dont 8 sur 10 sont prises en charge en ALD, recourent moins au dentiste que les non diabétiques (61,5 % versus 74,5 % ; OR = 0,8 * ) et possèdent moins souvent une couverture complémentaire (12 % versus 4,8 %). Leur perception de la santé dentaire est moins bonne (18 % versus 11 %). Les inégalités de recours aux soins dentaires sont équivalentes dans les deux populations. Conclusion.– Ces résultats posent la question de l’impact du dispositif ALD dans le suivi de la santé orale des diabétiques. http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2013.07.122 C6-3 Déterminants socioculturels en santé bucco-dentaire chez les populations du Ferlo (Sénégal) : étude qualitative M. Diouf , G. Boetsch , A.Tal-Dia , J.-J. Bonfil Unité mixte internationale, faculté de médecine, université Cheikh Anta Diop, Sénégal Introduction.– La maladie et les causes sont souvent l’expression directe des normes et représentations sociales. En effet la santé est une notion complexe, une situation subjective qui prend en considération les facteurs sociaux, cultu- rels, environnementaux et comportementaux de l’individu. L’objectif était de comprendre les déterminants socioculturels en rapport avec la santé bucco- dentaire des populations Peulhs du Ferlo au Sénégal. Méthodologie.– L’étude était qualitative et se déroulait dans l’espace de la Grande Muraille Verte (GMV) dans le Ferlo au Centre Est du Sénégal. Les données étaient recueillies par entretien semi-directif et par focus group. Elles portaient sur la santé des dents et l’esthétique, les soins traditionnels et les recettes phytothérapiques, les dents et les superstitions. Résultats.– Les populations avaient recours au cure-dent ou bâtonnet frotte-dent, au brossage et/ou au charbon de bois pour nettoyer les dents. Des confusions persistaient par rapport aux types d’aliments consommés et qui sont incrimi- nés dans la survenue de la carie dentaire : le thé, le riz, le « jumbo » qui est un assaisonnement d’épices et le tabac. Le « borom bop » qui signifie « maître de la tête » restait la cause la plus rapportée. Au-delà du signe de bonne santé, de belles dents étaient un attribut de beauté et d’élégance comme le tatouage et les couronnes artisanales. Leurs problèmes de santé étaient en général pris en charge par des guérisseurs qui fondent leurs pratiques sur des connaissan- ces empiriques. Des significations socio-anthropologiques étaient données aux enfants présentant des dents lors de la naissance. Conclusion.– Il devient donc important de prendre en compte les détermi- nants socioculturels dans les projets et programmes de santé bucco-dentaire et d’investir dans la phytothérapie en odontologie. http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2013.07.123 C6-4 État de santé et nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire en 2011–2012 – France D. Grange a , K. Castetbon b , M. Vernay b , H. Escalon c , G. Guibert a , C. Vincelet a a Observatoire régional de santé Île-de-France, Paris, France b Unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle, Institut de veille sanitaire, université Paris-13, France c Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Saint-Denis, France Contexte.– L’étude Abena a été conduite au cours de l’hiver 2011–2012afin notamment de décrire l’état de santé et nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire. Méthode.– Il s’agit d’une étude transversale réalisée dans six zones urbaines : Paris, Dijon, Marseille, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne. Les participants ont été recrutés selon un tirage au sort à deux degrés (structures d’aide alimentaire puis bénéficiaires). Les données ont été collectées en face- à-face auprès de 2019 bénéficiaires. Un examen clinique et biologique a été réalisé en centre de santé pour 422 bénéficiaires. Les résultats ont été comparés aux données observées en population générale dans l’Etude nationale nutrition santé 2006–2007. Résultats.– La prévalence de l’obésité était de 28,8 % parmi les bénéficiaires de l’aide alimentaire (17,6 % en population générale), avec une prévalence parti- culièrement élevée chez les femmes (35,1 %). Celle de l’hypertension artérielle était également élevée (48,5 % chez les hommes et 39,3 % chez les femmes ; respectivement 34,2 % et 27,8 % en population générale). Seuls 5,3 % des béné- ficiaires déclaraient prendre un traitement hypotenseur (15,7 % en population générale). La prévalence de l’hyperglycémie à jeun et/ou d’un traitement anti- diabétique était plus élevée qu’en population générale, en particulier chez les femmes (8,9 % contre 3,3 %). La prévalence de l’anémie ferriprive chez les femmes en âge de procréer était de 7,6 % (3,0 % en population générale). Celle des déficits sévères en vitamine D était particulièrement élevée (45,9 % contre 4,8 % en population générale). Le risque de déficit en folates concernait 27,2 % des bénéficiaires (proportion proche de celle observée en population générale). Conclusion.– L’état de santé et nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimen- taire est préoccupant. Il apparaît prioritaire de renforcer les actions de prévention, notamment de proximité, ainsi que les dépistages de risque de maladies chro- niques auprès de ces populations, en complément d’une politique économique et sociale plus globale visant à réduire les inégalités sociales de santé. http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2013.07.124 C6-5 Statut socioéconomique, origine et insécurité alimentaire sont associés à la prise de poids : une analyse longitudinale des données de la cohorte SIRS 2005–2010 J. Martin-Fernandez a,b , F. Grillo b , P. Chauvin a,b a Université Pierre-et-Marie-Curie – Paris-6, Paris, France b Inserm U707, déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins, Paris, France Introduction.– En France, selon les données Obépi, la prévalence de l’obésité a augmenté de 8,2 % à 14,5 % entre 1997 et 2009. Il est donc important de compléter nos connaissances sur les mécanismes de la prise de poids dans une perspective d’épidémiologie sociale. Méthodes.– Ce travail porte sur les données de la cohorte SIRS qui inter- roge 3000 adultes représentatifs de la population de l’agglomération parisienne depuis 2005. En 2010, 47 % des adultes inclus en 2005 ont pu être réinterro- gés et l’analyse a porté sur les 1265 individus pour lesquels nous disposions de l’IMC aux deux dates (leur sex-ratio et leur âge moyen étaient identiques à ceux des non réinterrogés). Des modèles de régression logistique ont exploré l’association entre la prise de poids d’au moins 2 kg/m 2 au cours de ces cinq années et certaines caractéristiques individuelles : sexe, âge, origine migratoire, statut socioéconomique et insécurité alimentaire (entre 2009 et 2010). Résultats.– Sur 1265 individus, 20,16 % ont présenté une augmentation d’IMC d’au moins 2 kg/m 2 sur la période, 9,09 % ont diminué leur IMC de la même valeur et 70,75 ont un IMC constant à ± 2 kg/m 2 . Après ajustement sur le sexe et le niveau de revenus, cette prise de poids est significativement associée à certaines caractéristiques. Les plus jeunes (OR = 2,70), ceux n’ayant pas fait d’études supérieures (OR = 1,40), les personnes nées de deux parents africains (OR = 1,86) et ceux ayant expérimenté une situation d’insécurité alimentaire entre 2009 et 2010 (OR = 1,71) présentent un risque accru d’avoir pris du poids de fac ¸on importante au cours de cette période de cinq ans. Conclusion.– Ces résultats suggèrent certaines pistes de réflexion concernant les mécanismes de la prise de poids. En particulier, ils sont les premiers en France à montrer de fac ¸on longitudinale une association entre insécurité alimentaire et prise de poids. http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2013.07.125 C6-6 Surpoids et obésité des enfants âgés de six à 11 ans : prévalence et facteurs associés, Oran, Algérie