REVUE MEDICALE DE LA SUISSE ROMANDE, 112, 459-463, 1992 Centre hospitalier universitaire vaudois - Lausanne Division d'immunologie et d'allergie (Prof. P.C. Frei) Division de nephrologie (Prof. J.-P. Wauters). SEROPREVALINCE DE L'INFECTION A CYTOMEGALOVIRUS CHEZ LES PATIENTS HEMODIALYSES, LES RECEVEURS D' ALLOGREFFE RENALE ET DANS LA POPULATION GENERALI DE SUISSE ROMANDE PAR PEDRO LOPEZ-MATA, DANIEL LAVANCHY, JEAN-PIERRE WAUTERS* ET PHILIPPE C. FREI RESUME La prevalence de !'infection a cytomegalovirus (CMV) est etudiee dans un echantillon de la population locale, chez des patients en hemodialyse chronique, chez des receveurs d'allogreffe renale et chez certains de leurs donneurs, en mesurant la concentration serique de l'anticorps anti-CMV par essai enzymo-immunologique. L'anticorps est trouve respectivement dans 51, 62, 72 et 52% des sujets de chacun des quatre groupes. La concentration moyenne de l'anticorps est exprimee comme le rapport entre la densite optique trouvee avec le serum du sujet dans l'essai enzymo-immunologique et celle d'une valeur-seuil. Ces rapports sont respective- ment de 0,97, 1,51, 1,63 et 0,82, dans chacun des quatre groupes. Les resultats etaient significativement plus eleves dans les deux groupes des sujets hemodialy- ses et transplantes que dans la population generale. II n'y a pas de difference significative entre hemodialyses et transplantes. En conclusion, le travail fournit des don- nees sur la seroprevalence de !'infection a CMV en Suisse romande, et montre !'augmentation du risque chez les dialyses aussi bien que chez les transplantes. INTRODUCTION II est bien etabli que !'infection a cytomegalovirus (CMV) peut etre transmise par le sang humain (1-4) et que sa prevalence dans la population generale est ele- vee (5, 6). La grande majorite des sujets infectes sont des porteurs asymptomatiques de l'anticorps anti-CMV. Plusieurs etudes ont montre que la prevalence de !'infection peut etre plus elevee chez certains sujets, en particulier l es polytransfuses (1) et les transplantes 7-11 ). Dans ce dernier groupe, I' infection peut etre latente, moderement symptomatique OU severe (9, 12- 14), constituant ainsi un risque important (15). Elle peut augmenter le risque d'infections fungiques ou bacte- riennes (16), probablement en reduisant la reponse immune (17-20). Selan deux etudes (21, 22), la seroprevalence etait de 62 et 63% avant la transplantation et de 74 et 75% apres. L'incidence de !'infection a CMV apres transplan- tation renale a ete trouvee entre 40 et 96% des cas (10, 12, 21, 23-28). Dans ce contexte, ii serait utile d'avoir davantage de donnees serologiques sur !'infection a CMV de sujets en hemodialyse, chez lesquels, a la difference des rece- veurs de reins, peu de donnees sont disponibles. D'apres une etude allemande de 1983 (7) et une etude suisse de 1974 (29), 61 % et respectivement 48% des sujets en hemodialyse seraient infectes. Les valeurs cor- respondantes pour les donneurs de sang etaient alors respectivement de 47% et 35%. La seroprevalence chez les dialyses doit etre discutee, bien sOr, dans le contexte de celle de la population generale. Cette derniere pre- valence varie considerablement d'une region a l'autre, ยท avec des chiffres oscillant entre 40 et 100% (6). En par- ticulier, aucune donnee n'est disponible pour notre region. Les plus proches concernent une etude sur le Nord-Est de la Suisse, publiee en 1971 (6). 459