407 SHIP, par Martine Kaluszynski Ou comment la non institutionnalisation peut produire un essaimage fécond. Ce que peut l’Histoire L’association pour la socio histoire du politique (SHIP) a eu sa première assemblée générale fondatrice, à Paris en décembre 1993, dans les salons dorés au Panthéon, salle protocolaire très second empire, remplie de politistes plutôt jeunes, rugissants et enthou- siastes. Comme présidente, j’ai dû faire un discours et j’imagine bien l’étonnement, voire la perplexité de ces politistes qui tous se connaissaient, face à cette jeune femme sortie de nulle part, en tout cas pas de leur propre famille et qui tenait ici un discours sans doute un peu exalté, fédérateur, dans cette discipline qui commen- çait à être traversée par des scissions. J’étais alors une jeune cher- cheuse, historienne de formation, recrutée au CNRS en sociologie, afectée un laboratoire de science politique, le CERAT, ce qui a in- duit que je choisisse cette discipline et la section 40 du CNRS afé- rente. Mais c’est bien avant, dès 1991, 1992, que les discussions ont émergé, dans les cafés près la Sorbonne (avec entre autres Bernard Pudal, Michel Oferlé, Gérard Noiriel, Yvon Lamy, etc.) autour d’un projet de création d’un espace pluridisciplinaire, tenant compte de l’historicisation des objets. Le bureau de l’association sera composé de Martine Kalus- zynski, présidente, Gérard Noiriel, vice-président, historien, à l’époque professeur agrégé à l’École normale supérieure Ulm, Mi- chel Oferlé, professeur de science politique à l’université Paris I vice-président, Didier Renard, politiste, professeur de science po- litique à l’institut d’études politiques de Grenoble, secrétaire, Yvon Lamy sociologue, maître de conférences en sociologie à l’univer- sité de Bordeaux,trésorier. Cette présidence que j’incarnais a pu sembler burlesque, vu ma jeunesse statutaire en contraste avec la RAO.indd 407 16/10/2018 22:25