4 Cahiers d’Archéologie Fribourgeoise/Freiburger Hefte für Archäologie 16/2014/ Dossier Michel Mauvilly avec des contributions de Rose-Marie Arbogast, Barbara Bär, Reto Blumer, Christian Kündig, Patricia Vandorpe et Lauriane Vieli Les sondages manuels réalisés en 2008 dans l’abri de Posieux/La Pila ont révélé un potentiel archéologique particulièrement intéressant, avec des témoins de fréquentations qui s’échelonnent du Néolithique final à l’époque actuelle. Posieux/La Pila, un nouvel abri à multiples traces de fréquentations dans les gorges de la Sarine Fig. / Abb. 1 L’abri de Posieux/La Pila depuis la Sarine Der Abri Posieux/La Pila von der Saane aus betrachtet L’immense potentiel archéologique que recèlent les abris naturels, tel, dans notre canton, celui de Posieux/La Pila auquel est consacré cet ar- ticle (fig. 1) 1 , n’est plus à démontrer 2 . Cette caté- gorie de sites qui ont été, de la Préhistoire à nos jours, très régulièrement occupés par l’homme, constituent en effet des enregistreurs de pre- mier ordre pour qui tente de reconstituer, le plus globalement possible, l’histoire des sociétés an- ciennes. L’abondance et la qualité des vestiges, généralement circonscrits dans un espace bien confiné et souvent mieux conservés que dans la majorité des habitats de plein air, viennent ajou- ter à l’intérêt de ce type de sites qui font à l’évi- dence partie intégrante de la trame socio-histo- rique du peuplement, à l’échelle d’une région. Dans le canton de Fribourg, on rencontre des abris naturels depuis la région des Trois-Lacs jusqu'aux Préalpes 3 . Dans l’espace montagnard, il s’agit toujours de grottes et d’abris sous blocs en ambiance géologique calcaire, alors que du Moyen Pays aux rives sud des lacs de Neuchâ- tel et de Morat, on a principalement affaire à des auvents ou des abris taillés dans les falaises molassiques, plus rarement sous ou contre des blocs d’origine erratique. Option fut prise, dès le début du projet de recherches cantonal, de mettre la priorité sur l’exploration la plus exhaus- tive possible de la partie du canyon de la Sarine qui s’étend entre le barrage de Rossens et la ville de Fribourg. Le choix de ce tronçon d’une dizaine de kilomètres de longueur s’explique principalement par le fort potentiel en abris qui le caractérise, son accès relativement aisé et la richesse archéologique de ses abords. Sur la vingtaine d’abris qui offrent des possibili- tés de protection acceptables et un remplissage sédimentaire conséquent (fig. 2), une quinzaine ont déjà fait l’objet de sondages archéologiques. Dans neuf d’entre eux, des traces d’occupations et de fréquentations humaines entre le Mésoli- thique et l’époque actuelle, parfois multiples, ont été observées, et plusieurs se démarquent