Interface entre structure syntaxique et structure prosodique: le syntagme intermédiaire en français Mariapaola D’Imperio, Amandine Michelas mariapaola.dimperio@lpl-aix, michelas@lpl-aix.fr Laboratoire Parole et Langage, CNRS & Aix-Marseille I – Aix-en-Provence, France Abstract : Within the autosegmental-metrical theory of intonation (Pierrehumbert, 1980; Ladd, 1996), there is only weak evidence for the existence of the intermediate phrase (ip) for French. Our assumption is that the emergence of an intermediate prosodic level (ip) in French is not merely linked to a specific focus or marked syntactic structure and predict that an alignment constraint (align-xp,r; ip,r) conspires to place an ip boundary to the right of a major syntactic phrase boundary, such as an NP/VP boundary, when the maximal projection can be parsed in at least two accentual phrases. These boundaries appear to be signaled by prosodic cues that are stronger than the ones associated to ip-internal AP boundaries. The alignment between major syntactic constituents and prosodic structure can be signaled by boundary cues such as a H- right edge tone, which would be responsible for blocking recursive downstep of the subsequent AP final rises, as well as be associated with preboundary lengthening. We also propose that partial reset across the ip boundary is evidence for an internal structuring of the Intonation Phrase. 1. Introduction Les premières analyses qui se sont intéressées à la constituance prosodique du français (Di Cristo 1976; Verluyten 1982) s'accordent sur l'existence de deux unités: le groupe intonatif (GI) et une unité de rang inférieur: le groupe accentuel (GA) défini comme l’unité rythmique minimale comportant un seul accent final ou primaire associé à la dernière syllabe pleine de l'unité (Di Cristo 1978). Le GA, en tant qu’unité bornée à sa droite par l’accent dit « primaire » ou « final » a reçu de nombreuses autres appellations dans la littérature telles que mot phonologique (Selkirk 1972), mot prosodique (Vaissière 1974), groupe intonatif (Mertens 1987), mot rhytmique (Pasdeloup 1990), groupe rythmique (Delais-Roussarie 1995), unité rhytmique (Di Cristo & Hirst 1993), syntagme accentuel (Jun & Fougeron 1995), syntagme phonologique (Post 2000) etc... Ces nombreuses appellations utilisées pour désigner l’unité prosodique bornée à sa droite par l’accent primaire sont problématiques pour deux raisons essentielles : d’abord parce que dans le cadre de la phonologie prosodique (Selkirk 1984; Nespor & Vogel 1986) on admet généralement que le mot phonologique, le groupe clitique et le syntagme phonologique correspondent à des unités de rangs différents dans la hiérarchie prosodique et d’autre part, car ces trop nombreuses appellations accroissent le flou théorique et terminologique important qui existe dans la littérature concernant la constiuance prosodique du français. Ce flou peut être en partie expliqué par les différents critères utilisés pour la définition des constituants prosodiques. Il existe en effet différentes approches que l’on pourrait globalement scinder en deux groupes: les approches syntaxiques d’une part, principalement représentées par les travaux de la phonologie prosodique (Selkirk 1984; Nespor & Vogel 1986) et les approches prosodiques d’autre part, qui vont tenter de définir les constituants en faisant références à des critères purement intonatifs et/ou prosodiques (Hirst & Di Cristo 1984; Jun & Fougeron 2000).