8 Pharmactuel Vol. 41 N° 1 Janvier - Février 2008 ÉVALUATION CRITIQUE DE LA DOCUMENTATION SCIENTIFIQUE L’utilisation du citalopram pour traiter l’agitation et les symptômes psychotiques chez les patients souffrant de démence Mylène Malenfant, Simon Tremblay, Danielle Laurin, Jean Lefebvre Titre de l’article : A double-blind comparison of cita- lopram and risperidone for the treatment of behavioural and psychotic symptoms associated with dementia. Auteurs : Pollock BG, Mulsant BH, Rosen J, Mazumdar S, Blakesley RE, Houck PR, Huber KA. Commanditaires : Aucun Cadre de l’étude : L’étude s’est déroulée dans un seul centre hospitalier, University of Pittsburg Medical Center, où le recrutement a été effectué entre février 2000 et juin 2005. Objectif de l’étude : Comparer les effets du citalo- pram, un antidépresseur de la famille des inhibiteurs sélec- tifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), et de la rispéridone, un antipsychotique atypique, dans le traite- ment des symptômes psychotiques et de l’agitation asso- ciés à la démence. Devis : Essai clinique, à répartition aléatoire, contrôlé, mené en double aveugle. Patients : Un total de 103 patients ont été répartis aléa- toirement dans l’un ou l’autre des groupes à l’étude. Ces patients souffraient de démence de type Alzheimer, à corps de Lewy, mixte ou non spécifiée et présentaient des troubles de comportement modérés à graves. Les cher- cheurs ont tenté d’exclure les patients présentant une dépression associée à leur démence. Ainsi, les patients ayant présenté un épisode dépressif majeur dans les six derniers mois ou des symptômes dépressifs cliniques lors du recrutement en étaient exclus. Ont également été exclus les patients présentant un diagnostic de schizophrénie, de désordre schizo-affectif, psychotique ou bipolaire, un retard mental, un déficit cognitif secondaire à un trauma- tisme crânien ou un délirium induit par une substance, l’abus d’alcool ou de drogues, une dépendance ou la mala- die de Parkinson. D’autre part, une maladie physique instable, une créatinine = 177 umol/l, une enzyme hépa- tique (AST) ou une bilirubine supérieure à deux fois les limites normales, des causes de démence potentiellement réversibles, un traitement avec un neuroleptique dépôt dans les deux mois précédant le recrutement ou avec de la fluoxétine dans les quatre semaines précédant le recrute- ment menaient aussi à l’exclusion. Cet échantillon de 103 patients devait suffire à détecter une différence de 15 % entre les deux traitements, avec une puissance de 80 % et un alpha de 0,05. Interventions : L’étude a duré douze semaines. Les patients étaient randomisés dans deux groupes et rece- vaient soit de la rispéridone (n = 50), soit du citalopram (n = 53). La dose initiale quotidienne de rispéridone était de 0,5 mg et elle était titrée à 1 mg après trois jours. Au besoin, elle pouvait être augmentée de 0,5 mg chaque deux semaines jusqu'à la dose quotidienne maximale de 2 mg. La dose initiale quotidienne de citalopram était de 10 mg et elle était titrée à 20 mg après trois jours. Au besoin, elle pouvait être augmentée de 10 mg chaque deux semaines jusqu'à la dose quotidienne maximale de 40 mg. Les patients étaient examinés au recrutement, au moment de la répartition aléatoire, après trois jours, sept jours, chaque semaine pendant cinq semaines et toutes les deux semaines par la suite. Les interventions étaient évaluées au moyen d’échelles analogues validées (NBRS : Neurobehavioral Rating Scale et UKU : Udvalg for Kliniske Undersogelser). Les inhibiteurs de la cholinesté- rase, la mémantine et le lorazépam étaient les seuls traite- ments concomitants permis pendant l’étude. Tous les autres médicaments psychotropes devaient être disconti- nués avant la répartition aléatoire des participants. Points évalués : L’objectif primaire de cette étude était de comparer l’effet du citalopram et de la rispéridone dans le traitement des symptômes psychotiques et de l’agita- tion associés à la démence. L’objectif secondaire visait à comparer les deux traitements quant à la survenue d’effets indésirables. L’hypothèse des auteurs postulait que la ris- péridone serait plus efficace pour le traitement des psy- choses, tandis que le citalopram le serait davantage pour l’agitation, en provoquant moins d’effets secondaires que la rispéridone. Mylène Malenfant, B. Pharm., est étudiante à la maîtrise en pharmacie d’hôpital à l’Université Laval Simon Tremblay, B. Pharm., M.Sc., est pharmacien au pavillon CHUL du Centre hospitalier universitaire de Québec Danielle Laurin, Ph.D., est professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval Jean Lefebvre, B. Pharm., M.Sc., est professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval et pharmacien au Centre de recherche du CHUL du Centre hospitalier uni- versitaire de Québec