Journal de Gyn´ ecologie Obst´ etrique et Biologie de la Reproduction (2010) 39S, F25—F32 FORMATION MÉDICALE CONTINUE Prise en charge des maladies trophoblastiques gestationnelles F. Golfier a,*,b , J. Massardier a,b , J.-P. Guastalla a,b , V. Trillet-Lenoir a,b , L. Frappart a,b , B. Mathian a,b , T. Hajri a,b , A.-M. Schott a,b , D. Raudrant a,b a Service de chirurgie gynécologique et oncologique-obstétrique, CHU de Lyon-Sud, 69495 Pierre-Bénite cedex, France b Centre franc ¸ais de référence des maladies trophoblastiques, université Lyon-1, 69000 Lyon, France Cas n o 1 Une patiente de 24 ans primigeste primipare vous consulte en raison de métrorragies spontanées peu abondantes alors qu’elle est enceinte de huit semaines d’aménorrhée (SA). Le taux d’hCG est très élevé à 940 000 UI/l. Vous réalisez une échographie qui montre un aspect typique de môle hydati- forme complète. Quel aspect typique de môle complète vous attendez- vous à voir à l’échographie ? La môle complète est souvent suspectée par l’échographie donnant un aspect en tempête de neige classique (Fig. 1). Les môles complètes sont diagnostiquées vers 12 SA actuellement, contre 16—17 SA il y a 20 ans. L’attentisme vis-à-vis des kystes ovariens fonctionnels est presque toujours suffisant. Très fréquents en cas de môle hydatiforme avec hCG très élevés, il n’y a pratiquement pas d’indication opératoire, sauf en cas de torsion d’annexe ou d’hémopéritoine par rupture hémorragique. Ces kystes se résorbent spontanément avec la décroissance de l’hCG. * Auteur correspondant. Adresse e-mail : francois.golfier@chu-lyon.fr (F. Golfier). Vous réalisez une aspiration sous contrôle échogra- phique. Quel est le seul examen qui permettra le diagnostic de certitude de môle complète ? Avez-vous pensé à vérifier son groupe Rhésus en vue d’une injection éventuelle de gammaglobulines anti-D ? L’anatomopathologie est le seul examen qui permette le diagnostic de certitude. L’envoi en anatomopathologie est indispensable dans les môles suspectées par l’échographie bien sûr, mais aussi dans toutes les fausses-couches spon- tanées « banales » car il s’agit d’un mode fréquent de diagnostic des môles partielles. Ce diagnostic est difficile et peut nécessiter le recours à des techniques complé- mentaires (immunohistochimie avec p57, cytométrie en flux...). Le recours à un pathologiste référent est utile pour éviter des diagnostics en excès ou incertains. Les môles hydatiformes sont caractérisées par une hyperplasie du tro- phoblaste avec dégénérescence hydropique des villosités. Dans la môle complète, cette hyperplasie trophoblastique est diffuse à tout le trophoblaste avec dégénérescence hydropique de toutes les villosités qui sont distendues par des cisternes et sont avasculaires (absence habituelle de vaisseaux fœtaux). C’est cette dégénérescence hydropique qui est à l’origine de l’aspect échographique. Vous prévoyez une échographie de contrôle 10—15 jours après cette aspiration pour vérifier la 0368-2315/$ — see front matter © 2010 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. doi:10.1016/j.jgyn.2010.02.015