Dialogue 50 (2011), 367–390. © Canadian Philosophical Association /Association canadienne de philosophie 2011 doi:10.1017/S0012217311000345 L’éthique de la vertu et le critère de l’action correcte MARTIN GIBERT Université de Montréal MAURO ROSSI Université du Québec à Montréal RÉSUMÉ : Selon la version de l’éthique de la vertu la plus répandue (Hursthouse, 1991; Zagzebski, 1996), l’action moralement correcte dans des circonstances données est celle que ferait un agent pleinement vertueux dans ces circonstances. Ce critère soulève toutefois deux objections. Dans certaines situations, il donne des indications erronées, et dans d’autres situations, il ne donne pas d’indication du tout. Nous soute- nons que ces objections sont en réalité le résultat soit d’une simple résistance imagina- tive, soit d’une pétition de principe. Nous proposons alors de modier le critère en excluant le caractère de l’agent non vertueux des circonstances moralement pertinen- tes. Nous envisageons enn les implications pour la question du développement moral. ABSTRACT : According to the most popular version of virtue ethics (Hursthouse, 1991; Zagzebsk,i 1996), the right action in a given situation is the action that a fully virtuous agent would do given the circumstances. However, this criterion raises two objections: in some situations, it does not determine the right action correctly, and in other situa- tions, it does not determine any right action at all. In this article, we argue that these objections stem from either simple imaginative resistance or a question-begging stance. We propose thereby to modify the criterion in such a way as to exclude the character of the non-virtuous agent from the morally relevant circumstances. Finally, we examine the implications of our proposal for the issue of moral development. 1. Introduction L’éthique de la vertu est souvent considérée comme une approche non orthodoxe en éthique normative. En effet, alors que la tâche principale que l’on assigne