48 Simina Mastacan 1 TREMBLEMENTS AFFECTIFS. DE QUELQUES EFFETS PATHEMIQUES D’UNE CATASTROPHE NATURELLE A TRAVERS SES REPRÉSENTATIONS DISCURSIVES (JAPON, MARS 2011) Résumé Nous allons nous consacrer, dans le présent travail, à une analyse de ce qu’on nomme « effet pathémique » au niveau discursif. L’événement ayant retenu notre attention est le tremblement de terre produit au Japon le 11 mars 2011, une catastrophe naturelle qui a engendré tout de suite une production discursive empreinte d’une vive émotion. Nous allons observer les éléments qui relèvent de la topique des passions en nous arrêtant à l’analyse de quelques représentations discursives engendrées par cet événement tragique, notamment aux reportages journalistiques (caractérisés par ce que nous avons nommé pathémisation de premier degré) et aux échos que ceux-ci ont produits à travers les commentaires postés sur Internet (pathémisation seconde). Mots-clés : effets pathémiques, désastre, émotions, argumentation, représentation discursive Le tremblement de terre produit au Japon le 11 mars 2011, ainsi que les conséquences qu’il a entraînées ont engendré un vif émoi dans tout le monde et sur tous les canaux de communication, étant la source d’une production discursive importante, dont beaucoup d’aspects peuvent s’avérer précieux pour l’analyse des topiques des passions. Le mouvement émotionnel s’est propagé en cascade, suivant le déroulement précipité et imprévisible des événements : le tremblement, la vague tzunami, le danger nucléaire, les répliques du séisme. Tout en se plaçant dans une perspective argumentative et privilégiant les dimensions pragmatiques et sémiotiques du discours, on remarquera dès le commencement que l’effet pathémique visé par un locuteur dans le contexte d’une confrontation avec un tel événement tragique n’est pas déclenché de la même façon que dans d’autres productions discursives (œuvre littéraire, conversation, etc.). L’intensité de la réaction des locuteurs (témoins ou commentateurs) face à une pareille situation bouleversante est, sans doute, discursivement parlant, empreinte d’une forte subjectivité, mais connaît aussi des particularités définissant un contexte d’énonciation où règne la stupeur générale, où le jugement semble suspendu. Cela s’explique par l’évidence que toute catastrophe naturelle dont le dénouement apporte un grand nombre de victimes contient un potentiel pathémique intrinsèque, dû à 1 Université « Vasile Alecsandri » de Bacău, simina_mastacan@yahoo.com.