UNE LECTURE DU LIVRE XXXV DE PLINE : LE GALLUS ROMAE HOSPES DE LUDOVICUS DEMONTIOSIUS (LOUIS DE MONTJOSIEU), ROME, 1585 COLETTE NATIVEL * Le Gallus Romae hospes de Louis de Montjosieu, publié à Rome 1 , chez Osmarino, en 1585, est tombé dans l’oubli. L’absence d’intérêt des historiens de l’art et des historiens de l’archéologie 2 à son endroit n’est pas étonnante. Elle s’explique d’abord par le fait que l’ouvrage est, dès la fin du XVII e siècle, consi- déré comme une rareté bibliographique. La recherche a, d’autre part, accordé assez peu d’attention aux ouvrages écrits en latin. On constate que L’histoire de l’histoire de l’art de Germain Bazin 3 ne l’évoque pas plus que ne le faisait Schlosser 4 . Seul Allan Ellenius a donné, en 1960, une rapide présentation du cha- pitre sur la peinture dans son érudit De arte pingendi 5 . Parmi les historiens de l’archéologie, Philip Jacks a récemment consacré deux rapides pages au chapitre concernant l’architecture antique, dans The antiquarian and the myth of antiquity , paru à Cambridge en 1993, sans avoir consulté, semble-t-il, l’édition complète de 1585. Mais c’est sans doute l’ambiguïté même du propos de Montjosieu qui apporte la meilleure explication à cette relative indifférence, puisque l’ouvrage se présente d’abord comme une lecture de Pline et non pas à proprement parler une traité d’art, à la manière de celui d’un Alberti. De fait, la fortune du Gallus Romae hospes témoigne de son caractère érudit. Bien qu’il soit considéré très tôt comme devenu introuvable dans sa première édi- tion, je l’ai rappelé, l’ouvrage connut une belle fortune, aussi bien dans le temps 1. L. de Montjosieu,Gallus Romae hospes vbi multa antiquorum monimenta explicantur, pars pristinae formae restituuntur, Romae : apud J. Osmarinum, 1585, 5 parties en 1 vol. in-4°, [4], 27, [2], 27, [2], 27, [2], 17, [2], 20, [1], 5 p. Nous renvoyons à cette édition (la seule complète) en abrégeant le titre (G. R. H.). 2. Ph. Jacks, The antiquarian and the myth of antiquity. The origins of Rome in Renaissance Thought, Cambridge, 1993, pp. 235-238). On peut ajouter un élément à la liste des inexactitudes relevées dans le compte-rendu de J.-L. Ferrary (Revue des Études latines 73, 1996, p. 352, n. 120, Ph. Jacks semble faire de la partie sur la peinture (qu’on ne saurait décrire comme “ a short treatise entitled De pictura ”), un travail indépendant, alors que, malgré plusieurs publications ultérieures séparées, elle appartient au G. R. H. (voir la description matérielle du volume, supra, n. 1). 3. G. Bazin, Histoire de l’histoire de l’art de Vasari à nos jours, Paris, 1986. 4. J. von Schlosser, Die Kunstlitteratur Ein Handbuch Zur Quellenkunde der Neueien Kunstge- schichte, Vienne, 1924 ; trad. française avec bibliographie remise à jour par J. Chavy et al. sous la direction d’A. Chastel, La Littérature artistique, Paris, 1984. 5. A. Ellenius, De arte pingendi. Latin art literature in the seventeenth-century Sweden and its international background, Uppsala/Stockholm, 1960, pp. 25-29. * 17, rue Pavé 75004 Paris France