Ontologie juridique et systèmes complexes Pierre MAZZEGA a , Danièle BOURCIER b , Paul BOURGINE c , Nadia NADAH d a Université de Toulouse, UPS (OMP), IRD, LMTG, France b CERSA-CNRS, Université de Paris 2 e CREA-Ecole Polytechnique, Paris d Heudiasyc CNRS UMR 6599 UTC Abstract : Dans cet article, nous explorons une nouvelle façon de construire une ontologie juridique à partir d’un corpus en langage naturel. Les modes de contruction actuels supposent une structure particulière de la connaissance et un nombre fini de relations. Si nous posons l’hypothèse que le système juridique est un système dynamique complexe représenter une ontologie juridique avec de telles limites constitue une contrainte trop forte et peu évolutive. Nous proposons en conséquence de nouveaux outils pour conserver c’est-à-dire pour mesurer et visualiser la complexité des relations entre corpus et ontologie. De nouvelles perspectives alliant le web sémantique et quelques propriétés des systèmes complexes (enaction) seront évoquées. Most clés: Systèmes complexes, ontologie juridique, langage naturel, herméneutique, web enatif, théorie des graphes, statistiques. Introduction Le besoin d’utiliser des ontologies s’est développé avec les travaux en matière d‘extraction de données, de recherche d’information et maintenant de simulation multi- agent. Généralement construire une ontologie consiste à indexer un corpus et à définir des relations entre un ensemble de termes appartenant à un domaine, pour remplir un objectif donné. Une ontologie juridique suit en général les mêmes principes, sauf que dans le cas du droit ce ne sont pas seulement les objectifs qui sont importants mais la particularité de la connaissance juridique par rapport à tout autre domaine ontologique. Nous introduirons deux idées préliminaires en ce qui concerne le domaine juridique. D’abord les juristes déplorent la complexité des textes qu’ils utilisent et demande une meilleure gestion de leur connaissance. Ce domaine exige en effet des outils capables de traiter le droit comme système complexe car un corpus juridique doit gérer sa propre dynamique. En conséquence, tout processus de création d’ontologie doit incorporer la complexité des relations qui relient non seulement les termes entre eux mais l’ontologie et le corpus. Ensuite, de plus en plus, les technologies du web et leurs applications réclament un accès complet à l’information disponible, à la fois hétérogène et distribuée. Le besoin de liens devient extensif. Par exemple, la base de données nationale LEGIFRANCE