d’après : 1 er Colloque International de Pathographie, 2006, Loches Avril 2005, p.131-144. MAZEL V.*, RICHARDIN P.*, CHARLIER P.** , *** RESTES BIOLOGIQUES DANS LES PATINES RITUELLES DE LA STATUAIRE DOGON (MALI) Résumé La statuaire Dogon (Mali) est principalement constituée de statues anthropomorphes en bois, dont certaines sont antérieures au 14 e siècle, et recouvertes d’une patine croûteuse. Celle-ci a été décrite par les ethnologues du 20 e siècle comme étant un mélange de sang d’animaux sacrifiés et de bouillie de mil, appliqué sur l’objet lors de cérémonies rituelles. Cependant, aucune recherche scientifique n’a jamais été entreprise pour étudier la composition réelle de ces patines. Le but de notre étude, qui porte sur une quinzaine d’objets Dogon provenant des collections du musée du quai Branly (Paris), est la mise en place d’un protocole d’analyse spécifique de ces patines 1 . Sur l’ensemble des statues étudiées, nous avons pu observer une grande diversité d’aspect à l’échelle macroscopique (épaisseur, réseaux de craquelures, couleur, …). Au niveau microscopique, les prélèvements que nous avons effectués sont des mélanges extrêmement complexes. L’acquisition de cartographies en microscopie infrarouge a permis la mise en évidence dans un même échantillon différentes familles de composés chimiques : protéines, lipides, polysaccharides et minéraux (kaolinite). L’analyse en microscopie électronique à balayage (MEB) a révélé la présence d’hématies sur des échantillons contenant une grande quantité de protéines. La préservation de telles structures biologiques sur des objets collectés en Afrique il y a plus de soixante-dix ans, * Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) UMR 171 CNRS, Palais du Louvre, Porte des Lions, 14 quai François Mitterrand, 75001 Paris. vincent.mazel@culture.gouv.fr Tél. : 01 40 20 56 79 Fax : 01 47 03 32 46 ** Service de Médecine Légale et d’Anatomie/ Cytologie Pathologiques, Pavillon Vésale, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré, 92380 Garches. *** Ecole pratique des Hautes Etudes, IVe Section, La Sorbonne, 45 rue des Ecoles, 75005 Paris. 1 L’ensemble de ce travail a été réalisé grâce au soutien et à la collaboration du musée du quai Branly. Nous tenons à remercier vivement Monsieur Germain Viatte, directeur du projet muséologique, Madame Christiane Naffah, responsable du chantier de collections, Mademoiselle Hélène Joubert, responsable des collections Afrique, ainsi que Monsieur Aurélien Gaborit et Madame Ysold Allain-Nardonne.