NOUVEAU CENTRAL BANKING ET CYCLE INTERNATIONAL DU CRÉDIT ANDRÉ CARTAPANIS * D epuis la crise financière internationale, il est question d’un nouveau central banking, et donc d’une redéfinition des politiques menées par les banques centrales sous l’angle des objectifs de la politique monétaire et des instruments permettant d’as- surer la stabilité financière. Certes, face à la tempête qui a démarré en 2007-2008, les banques centrales ont été au cœur de la gestion des crises (crise des subprimes et crise de l’endettement souverain dans la zone euro) et, contrairement à l’expérience des années 1930, leur réactivité et leur pragmatisme ont permis d’éviter une nouvelle grande dépression. Mais, dans le même temps, on leur impute une lourde responsabilité dans l’accumulation des fragilités financières d’avant-crise en raison de leur politique de taux d’intérêt réels à court terme maintenus durablement à des niveaux historiquement bas, surtout dans le cas de la Federal Reserve (Fed), et parce qu’elles n’ont pas jugé souhaitable, ou possible, de brider la dynamique explosive du crédit. Elles ont laissé se développer des bulles de crédit et des situations de surendettement que la crise est venue sanctionner. Dans cet âge d’or des banques centrales, la stabilité no- minale et la croissance économique paraissaient durablement garanties et l’évolution des prix d’actifs, des prises de risque ou des leviers bancaires n’avait pas à interférer avec les stratégies monétaires. Quant à la réglementation des banques, les autorités prudentielles se canton- naient à la dimension microprudentielle de la supervision bancaire. * Sciences Po Aix ; GREDEG, UMR 7321, CNRS et université de Nice Sophia Antipolis ; CHERPA, EA 4261, Sciences Po Aix. Contact : andre.cartapanisssciencespo-aix.fr. 141