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TTR
Traduction, terminologie, rédaction
The Translation of Sex-Related Language: The Danger(s) of
Self-Censorship(s)
La traduction du langage sexuel : les dangers de l’auto-censure
José Santaemilia
La formation en traduction : pédagogie, docimologie et technologie II
Translator Training: Pedagogy, Evaluation, and Technologies II
Volume 21, numéro 2, 2e semestre 2008
URI : https://id.erudit.org/iderudit/037497ar
DOI : https://doi.org/10.7202/037497ar
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Éditeur(s)
Association canadienne de traductologie
ISSN
0835-8443 (imprimé)
1708-2188 (numérique)
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Citer cet article
Santaemilia, J. (2008). The Translation of Sex-Related Language: The Danger(s)
of Self-Censorship(s). TTR, 21(2), 221–252. https://doi.org/10.7202/037497ar
Résumé de l'article
La censure est une contrainte externe de ce que nous pouvons publier ou
(ré)écrire, et l’auto-censure est une lutte morale individuelle entre soi-même et
le contexte. Dans toutes les circonstances historiques, les traducteurs ont
tendance à produire des réécritures qui sont « acceptables » non seulement du
point de vue social mais aussi personnel. La traduction de jurons et du langage
sexuel est un exemple paradigmatique, qui dépend très souvent des
circonstances historiques et politiques et qui est aussi un espace de lutte
personnelle, de dissension éthique/morale, de controverses
religieuses/idéologiques. Dans cet article nous analysons la traduction du
lexème « fuck » en espagnol et catalan. Nous avons choisi deux romans de
Helen Fielding – Bridget Jones’s Diary (1996) et Bridget Jones: The Edge of
Reason (1999) – et leurs traductions dans les langues mentionnées. Le premier
roman fait naître un genre spécifique de fiction populaire (la chick lit), qui est
principalement adressé aux jeunes femmes cosmopolites et qui traite, d’une
façon peu conventionelle, de l’amour et du sexe (ou de la sexualité).
Historiquement, le langage sexuel est un espace social très sensible;
aujourd’hui, il est évident que dans les pays occidentaux nous ne pouvons pas
approuver toute forme de censure publique, cependant, nous ne pouvons pas
non plus éviter un certain degré d’auto-censure, en fonction de l’éthique
individuelle de l’auteur, de son attitude envers la religion ou la sexualité, ou de
ses notions de la politesse ou de la décence. La traduction est toujours une lutte
pour atteindre un compromis entre l’éthique individuelle et les contraintes
multiples de la société – et c’est dans les réécritures du langage sexuel que nous
le distinguons le plus nettement.