Tous droits réservés © TTR: traduction, terminologie, rédaction — Les auteurs, 2009 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des services d’Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d’utilisation que vous pouvez consulter en ligne. https://apropos.erudit.org/fr/usagers/politique-dutilisation/ Cet article est diffusé et préservé par Érudit. Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. https://www.erudit.org/fr/ Document généré le 30 sept. 2021 19:54 TTR Traduction, terminologie, rédaction The Translation of Sex-Related Language: The Danger(s) of Self-Censorship(s) La traduction du langage sexuel : les dangers de l’auto-censure José Santaemilia La formation en traduction : pédagogie, docimologie et technologie II Translator Training: Pedagogy, Evaluation, and Technologies II Volume 21, numéro 2, 2e semestre 2008 URI : https://id.erudit.org/iderudit/037497ar DOI : https://doi.org/10.7202/037497ar Aller au sommaire du numéro Éditeur(s) Association canadienne de traductologie ISSN 0835-8443 (imprimé) 1708-2188 (numérique) Découvrir la revue Citer cet article Santaemilia, J. (2008). The Translation of Sex-Related Language: The Danger(s) of Self-Censorship(s). TTR, 21(2), 221–252. https://doi.org/10.7202/037497ar Résumé de l'article La censure est une contrainte externe de ce que nous pouvons publier ou (ré)écrire, et l’auto-censure est une lutte morale individuelle entre soi-même et le contexte. Dans toutes les circonstances historiques, les traducteurs ont tendance à produire des réécritures qui sont « acceptables » non seulement du point de vue social mais aussi personnel. La traduction de jurons et du langage sexuel est un exemple paradigmatique, qui dépend très souvent des circonstances historiques et politiques et qui est aussi un espace de lutte personnelle, de dissension éthique/morale, de controverses religieuses/idéologiques. Dans cet article nous analysons la traduction du lexème « fuck » en espagnol et catalan. Nous avons choisi deux romans de Helen Fielding – Bridget Jones’s Diary (1996) et Bridget Jones: The Edge of Reason (1999) – et leurs traductions dans les langues mentionnées. Le premier roman fait naître un genre spécifique de fiction populaire (la chick lit), qui est principalement adressé aux jeunes femmes cosmopolites et qui traite, d’une façon peu conventionelle, de l’amour et du sexe (ou de la sexualité). Historiquement, le langage sexuel est un espace social très sensible; aujourd’hui, il est évident que dans les pays occidentaux nous ne pouvons pas approuver toute forme de censure publique, cependant, nous ne pouvons pas non plus éviter un certain degré d’auto-censure, en fonction de l’éthique individuelle de l’auteur, de son attitude envers la religion ou la sexualité, ou de ses notions de la politesse ou de la décence. La traduction est toujours une lutte pour atteindre un compromis entre l’éthique individuelle et les contraintes multiples de la société – et c’est dans les réécritures du langage sexuel que nous le distinguons le plus nettement.