La Revue de médecine interne 31S (2010) S18–S22
Physiopathologie de l’urticaire et approches thérapeutiques
Pathophysiology of urticaria and therapeutic approaches
A. Nosbaum
a,∗,b
, F. Augey
a
, J.-F. Nicolas
a,b
, F. Bérard
a,b
a
Service d’allergologie et d’immunologie clinique, centre hospitalier Lyon-Sud, hospices civils de Lyon, 69495 Pierre-Bénite, France
b
Unité Inserm 851, IFR 128 biosciences Lyon-Gerland, 21, avenue Tony-Garnier, 69007 Lyon, France
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Historique de l’article :
Disponible sur Internet le 24 avril 2010
Mots clés :
Urticaire
Physiopathologie
Traitement
Mastocyte
Hypersensibilité
Keywords:
Urticaria
Pathophysiology
Treatment
Mastocyte
Hypersensitivity
1. Introduction
L’urticaire (nom féminin dérivé d’urtica ou ortie) est un syn-
drome cutanéomuqueux inflammatoire très fréquent, puisque 12 à
20 % de la population présente au moins un épisode d’urticaire au
cours de son existence. Il s’agit d’une éruption papuleuse, érythé-
mateuse, prurigineuse et fugace (moins de 24 heures d’évolution
pour chaque lésion). L’urticaire peut être superficielle (œdème
dermique) ou profonde (angio-œdème ou œdème du tissu sous-
cutané) et disparaît sans laisser de cicatrice ni de pigmentation
résiduelle. Toute éruption qui ne rentre pas dans cette définition
est dite « urticariforme » mais ce n’est pas a priori de l’urticaire.
La cellule clé de l’urticaire est le mastocyte ; son rôle physiolo-
gique est d’établir une première ligne de défense sous-épithéliale
contre les microorganismes pathogènes et les parasites pénétrant
par cette voie. L’activation des mastocytes cutanés a schématique-
ment trois conséquences (Fig. 1) : la dégranulation brutale avec
∗
Auteur correspondant.
Adresse e-mail : audrey.nosbaum@chu-lyon.fr (A. Nosbaum).
relargage de médiateurs préformés dont l’histamine, la synthèse
secondaire de leucotriènes et de prostaglandines et enfin la syn-
thèse de cytokines et de chimiokines responsables de la phase
tardive clinique. L’ensemble de ces mécanismes active rapidement
les vaisseaux, sans traduction clinique dans la majorité des cas, avec
un effet bénéfique pour l’individu dans l’organisation des défenses
locales contre les pathogènes. Dans l’urticaire, l’activation vascu-
laire est excessive et est à l’origine d’une vasodilatation (érythème)
et d’un œdème (papule) cliniquement visibles. Les mécanismes
d’activation des mastocytes sont schématiquement séparés en
immunologiques et non immunologiques.
2. Mécanismes d’activation du mastocyte
2.1. Voies d’activation immunologique
Les urticaires immunologiques peuvent être définies comme
étant la conséquence de l’activation impliquant des effecteurs de
l’immunité adaptative : les anticorps ou les lymphocytes T (LT).
Ainsi une urticaire peut être une manifestation d’hypersensibilité
(HS) allergique de type I, médiée par les IgE, de type II (IgG), de
0248-8663/$ – see front matter © 2010 Société nationale française de médecine interne (SNFMI). Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.revmed.2010.03.013