ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE Association entre mortalité et attente aux urgences chez les adultes à hospitaliser pour étiologies médicales Association between Mortality and Waiting Time in Emergency Room among Adults Hospitalized for Medical Etiologies E. Thibon · X. Bobbia · B. Blanchard · T. Masia · L. Palmier · L. Tendron · J. E. de La Coussaye · P. G. Claret Reçu le 7 janvier 2019 ; accepté le 14 mars 2019 © SFMU et Lavoisier SAS 2019 Résumé Introduction : Notre objectif principal est de com- parer, dans un centre hospitalier universitaire (CHU) français et chez les patients hospitalisés pour étiologies médicales à partir de la structure des urgences (SU), le taux de mortalité intrahospitalière entre ceux qui nattendent pas faute de place en service et ceux en attente (boarding). Méthode : Il sagit dune étude quasi expérimentale, mono- centrique, observationnelle, rétrospective, par recueil dinformations à partir des dossiers patients informatisés. Nous avons appliqué un score de propension pour ajuster les critères de jugement aux variables mesurées dans les deux groupes, cest-à-dire les données : 1) démographiques (âge et sexe) ; 2) médicales (niveau de triage) ; 3) biolo- giques (numération leucocytaire, hémoglobinémie, natré- mie, kaliémie, taux sérique de CRP, créatininémie) ; 4) dimageries (réalisation ou non de radiographie, décho- graphie, dimagerie par résonance magnétique, de tomoden- sitométrie). Résultats : En 2017, la SU du CHU a admis 60 062 patients adultes. Sur les 15 496 patients hospitalisés après admission en SU, 6 997 lont été pour une étiologie médicale, dont 2 546 (36 %) sans attente et 4 451 (64 %) après une attente. Après pondération, le taux de mortalité intrahospitalière était plus important dans le groupe en attente : 7,8 vs 6,3 % ; p < 0,05. De même, la durée médiane dhospitalisa- tion était plus importante dans le groupe en attente : 7,6 [4,7 12,0] vs 7,1 j [4,311,5] ; p < 0,01. Discussion : Les taux de mortalité et de la durée de séjour intrahospitaliers sont plus importants chez les patients étu- diés qui attendent en SU faute de place en service. Nos résul- tats sont concordants avec la littérature internationale. Il est nécessaire de trouver des solutions pour réduire cette surmortalité. Mots clés Adulte · Surcharge · Structure durgence · Mortalité intrahospitalière · Durée de séjour · Score de propension Abstract Introduction: Our main objective is to compare, in a French university hospital centre (CHU) and among patients hospitalized for medical etiologies from the emer- gency room (ER), the intra-hospital mortality rate between those who do not wait for lack of bed in ward and those who are waiting (boarding). Method: Quasi-experimental, monocentric, observational, retrospective study by collecting data from computerized patient records. We applied a propensity score to adjust the judgment outcome to the variables measured in both groups, i.e.: 1) demographic (age and sex); 2) medical (triage level); 3) biological (leukocyte count, hemoglobinemia, natremia, kalemia, serum CRP, creatinemia); and 4) imaging (radio- graphy, ultrasound, magnetic resonance imaging, CT scan). Results: In 2017, the ER at the CHU admitted 60,062 adult patients. Of the 15,496 patients hospitalized after admission to the ER, 6,997 were for medical etiology, including 2,546 (36%) without waiting and 4,451 (64%) after waiting. When weighted, the intra-hospital mortality rate was higher in the boarding group: 7.8 vs. 6.3%; P < 0.05. Similarly, the median length of hospitalization was higher in the boarding group: 7.6 [4.712.0] vs. 7.1 d [4.311.5]; P < 0.01. Discussion: Mortality rates and length of stay in hospital are higher in the patients studied who wait in the ER due to lack of bed in ward. Our results are consistent with the E. Thibon · X. Bobbia · B. Blanchard · T. Masia · L. Palmier · L. Tendron · J. E. de La Coussaye · P. G. Claret (*) Pôle anesthésie-réanimationdouleururgences, CHU de Nîmes, place du Professeur-Robert-Debré, F-30029 Nîmes cedex 09, France e-mail : pierre.geraud.claret@gmail.com J. E. de La Coussaye Faculté de médecine de Montpellier-Nîmes, université de Montpellier, 2, rue École-de-Médecine, F-34060 Montpellier, France Ann. Fr. Med. Urgence (2019) 9:229-234 DOI 10.3166/afmu-2019-0151