1 Working paper N°2003-01. Des Liens entre IDE et Inégalités internes dans les PED : Une Revue critique de la littérature. Mamadou Camara 1 CEPN –UMR 7115. Université Paris 13. Mcamara@seg.univ-paris13.fr Résumé :Les liens entre investissements des firmes multinationales et développement de la périphérie ont fait l’objet d’une controverse qui ne saurait être cantonner dans le terrain idéologique. A la thèse dominante, jusqu’au début des années 1980, d’une incidence négative des investissements étrangers sur le développement de la périphérie va se substituer une thèse dite modernisante. Cette dernière, apparue depuis la crise de la dette, associe aux investissements directs étrangers de vertus susceptibles de favoriser le développement économique via les effets sur la croissance et le transfert technologique par exemple. Ce papier a pour objet de présenter, dans un premier temps, de façon plus tranchée les arguments développés par ces deux écoles. Les inégalités de revenus ont été mises en avant comme indicateur clé permettant de juger de l’incidence positive ou négative de ces IDE sur les économies d’accueil. En s’appuyant, ensuite, sur un certain nombre d’études empiriques, nous montrons de quelle façon il est possible de réconcilier les deux écoles notamment en mettant en évidence les conditions devant être remplies par les pays en développement soucieux de rendre compatible insertion internationale et développement harmonieux. Classification JEL : F23, F43, J31, O11, C33, N35, N36 Introduction La question du financement du développement qui avait retenu l’attention des économistes du développement notamment ceux de la Banque Mondiale dans les années 1970 semblait s’être résolue à la suite des disponibilités financières importantes issues du recyclage des pétrodollars. Le recours à l’emprunt des capitaux internationaux pour financer la croissance avait permis à un certain nombre de PED (pays en développement) de combler le déficit d’épargne interne. Mais un autre déséquilibre qui est celui du compte courant persistait et s’est accentué, notamment pour les PED d’Amérique Latine, à la suite de la montée des taux d’intérêt et du cours du dollar à partir des années 1980. Ce que l’on appelé la crise de la dette déclenchée à partir du Mexique en 1982 fera que l’attention des institutions internationales et de nombreux économistes du développement, au cours de la décennie 1980, se focalisera sur la question de l’ajustement et de la stabilisation dans la plupart des économies en développement. L’échec des politiques d’ajustement de première génération et leurs effets pervers vont remettre au goût du jour le débat sur la croissance. Dans un tel débat, la question de « comment pallier le déficit d’épargne dans les PED sans avoir recours à l’endettement public interne (vu comme source d’inflation) » va progressivement mettre les projecteurs sur le financement par investissement étranger. Forts de l’argument d’une croissance soutenue et d’une industrialisation accélérée dans les 1 Ce texte a donné lieu à une présentation au colloque du CEMAFI –université de Nice en septembre 2000 et à une autre au Greitd en Avril 2001. Je remercie le professeur Claude Berthomieu, Pierre Salama, Jaime Marques Pereira et les différents participants pour leurs remarques.