Analyse des signaux EMG utérin pour le suivi de grossesse et la détection de l’accouchement Bassam MOSLEM 1,2 , Mohamad O. DIAB 3 , Mohamad KHALIL 1 , Catherine MARQUE 2 1 Centre AZM pour la recherche en Biotechnologies, Université Libanaise, Rue Mitein, Tripoli, Liban 2 UMR CNRS 6600, Biomécanique et Bio-ingénierie, Université de Technologie de Compiègne, France 3 Univresité Hariri-Canadienne, département de Bioélectronique, Meshref, Liban bassam.moslem@ul.edu.lb , diabmo@hcu.edu.lb , mohamad.khalil@ul.edu.lb , catherine.marque@utc.fr , Résumé – L’électromyogramme (EMG) utérin représente l’activité utérine de la femme enceinte. Plusieurs études ont montrées que l’EMG utérin peut être un outil capable de fournir de manière non invasive, tout au long de la grossesse, des informations utiles concernant la contractilité utérine. La contractilité utérine s’évolue désormais au moyen des paramètres temporels et spectraux tirés de l’analyse de l’EMG utérin. Le but de cette étude est de présenter les résultats de suivi de grossesse ainsi que la classification des signaux EMG utérin. Ces résultats nous aideront à la réalisation d’un système de surveillance non invasive de la contractilité utérine base sur l’analyse de l’EMG utérin. Abstract – Uterine electromyogram (EMG) represents the woman’s uterine activity during pregnancy. Many st udies have demonstrated that uterine EMG is a non invasive tool that can provide, throughout pregnancy, useful information about the uterine contractility. Therefore, the uterine contractility is evaluated by using temporal and spectral parameters extracted from the uterine EMG signals. The aim of this study is to present the results of pregnancy monitoring and classification of uterine EMG signals. These results may lead to the realization of an obstetrical monitoring system based on the analysis of a uterine EMG signals. L’accouchement prématuré spontané est la cause principale de morbidité et de mortalité néonatales. Les conséquences socioéconomiques de l’accouchement prématuré sont importantes. Les enfants nées avant terme effectuent des séjours prolongés dans les unités de soins intensifs de néonatalogie. Certains présentent des handicaps neurologiques et physiques sévères, qui nécessitent des soins à long terme et des systèmes d'éducation spécialisés [1]. Par suite, tout gain de temps, même de quelques jours in utero, permet d’améliorer la maturation du fœtus et donc sa viabilité à la naissance. La détection des menaces d’accouchement prématuré (MAP) spontané constitue donc un objectif prioritaire de santé publique. De nombreuses études ont proposées que la surveillance de grossesse comme une solution appropriée pour résoudre le problème décrit. Les méthodes actuellement utilisées pour la surveillance obstétricale sont l’autoévaluation par la patiente ou l’enregistrement des déformations de l’utérus consécutives aux contractions utérines (tocographie externe). Elles ont une faible valeur prédictive positive et ne permettent pas d’identifier les patientes à risque d’accouchement prématuré [2]. L’enregistrement de l’activité électrique utérine a été proposé de longue date pour évaluer l’activité contractile. L’électromyographie utérine est une technique récente destinée à l’enregistrement des contractions utérines chez les femmes enceintes. Le signal enregistré, appelé l’électromyogramme (EMG) utérin, a été proposé alors comme une nouvelle technique pour évaluer l'activité contractile de l'utérus et donner un aperçu plus précis sur la physiologie de la contraction utérine [3, 4]. Ce signal, recueilli d’une manière non-invasive par voie externe, se révèle donc porteur d'informations supplémentaires relatives sur l’excitabilité des cellules du myomètre et sur la propagation du signal électrique à l’ensemble de l’utérus. C’est dans ce contexte que se développe depuis quelques années étude de l’EMG utérin pour le di agnostic précoce des menaces d’accouchement prématuré (MAP) [5]. Cette étude porte principalement sur le suivi de grossesse et la classification (accouchement/grossesse) des signaux EMG utérin. Notre analyse est basé sur une base de données de signaux d’EMG utérin enregistrés sur trente deux femmes : vingt deux femmes ont été enregistrées durant la grossesse (33 - 41 SA), sept pendant l’accouchement (37 – 42 SA) et trois pendant la grossesse et l’accouchement. Les signaux ont été enregistrés en utilisant une grille de 16 électrodes abdominales arrangées en une matrice 4x4 positionnée sur les ventres des femmes (fig. 1). En outre, dans ce travail, tous les signaux sont normalisés en les divisant par leurs écarts- type. Figure 1 – Configuration des électrodes utilisées pour enregistrer le signal EMG utérin.