NOUVEAU REGARD SUR LANISOTROPIE SISMIQUE INDUITE PAR LES CONTRAINTES Un principe gnral esquiss par P. Curie (1894) concernant linfluence de la symtrie sur les phnomnes physiques dit, en langage actuel, que le groupe de symtrie des causes est un sous- groupe du groupe de symtrie des effets. Par exemple, en ce qui concerne lanisotropie sismique induite par les contraintes, la symtrie la plus complexe prsente par un milieu initialement isotrope, sous contrainte triaxiale, est orthorhombique ou orthotrope, caractrise par trois plans de symtrie orthogonaux deux  deux (Nur, 1971). ¸ dautres gards, Schwartz et al. (1994) ont montr que deux modles de roches trs diffrents, un modle fissur et un modle granulaire faiblement consolid, conduisent toujours  une anisotropie elliptique quand ils sont soumis  une contrainte uniaxiale. La question pose est la suivante : est-ce que ce rsultat est vrai pour tous les modles de roches ? et, plus gnralement, est-ce que les roches initialement isotropes, quand elles sont soumises  une contrainte triaxiale, forment un sous-ensemble bien dfini des milieux orthorhombiques ? Sous lhypothse dhyperlasticit isotrope non linaire du troisime ordre (cest--dire absence dhystrsis, et existence dune fonction dnergie lastique dveloppe au troisime ordre dans les composantes de la dformation), il est dmontr que lanisotropie de londe qP induite par les contraintes est toujours ellipsodale, pour tout degr danisotropie. Par exemple, les sources ponctuelles engendrent des fronts donde qP de forme ellipsodale. Ce rsultat est gnral et est absolument indpendant du modle de roche, cest--dire indpendant des causes de la non-linarit, pour autant que les hypothses de dpart soient vrifies. Ceci constitue le principal rsultat de cet article. Thurston (1965) a remarqu, vis--vis des proprits lastiques, quun milieu lastique initialement isotrope, quand il est soumis  des contraintes non isotropes, nest jamais tout  fait quivalent  un cristal anisotrope non soumis  des contraintes. Par exemple, les composantes du tenseur dlasticit du milieu sous contrainte ne prsentent pas la symtrie habituelle vis--vis de la permutation des indices. Ceci interdit lemploi de la notation de Voigt sur les indices contracts. Toutefois, si lamplitude des composantes du dviateur de contrainte est petite par rapport aux modules donde, ce qui est toujours vrifi sur le terrain en exploration sismique, lquivalence parfaite est rtablie. Sous cette condition, les 9 rigidits lastiques C IJ (en notation contracte) dun solide initialement isotrope, soumis  une contrainte triaxiale, sont toujours lies par les 3 conditions ci-aprs dellipticit dans les plans de coordonnes associs aux directions propres de la prcontrainte statique. REVUE DE L’ IN STITUT FRA N Ç A IS DU PÉTRO LE VOL. 53, N° 5 , SEPTEM BRE-O C TO BRE 1 9 9 8 679 STRESS-IN DUC ED SEISM IC AN ISO TRO PY REVISITED P. RASO LO FO SAO N Institut français du pétrole 1 (1) 1 et 4, avenue de Bois-Prau, 92852 Rueil-Malmaison Cedex - France