Maintenant : présent cognitif et enrichissement
pragmatique
Louis de SAUSSURE
Université de Neuchâtel
1. Introduction : deixis, référence et subjectivité
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La catégorie formée par les expressions déictiques, ou indexicales, c’est
connu, n’est pas aussi close qu’il n’y paraît de prime abord. Ainsi, certaines
expressions sont de « purs » indexicaux (comme je),d’autres sont « impurs »
(comme maintenant) du fait qu’ils signalent une relation à je, d’autres
connaissent des emplois tantôt déictiques et tantôt anaphoriques (comme les
démonstratifs), d’autres des emplois tantôt quasi-déictiques, tantôt
anaphoriques (comme il). Au-delà de ces différents cas de figure, on peut
également observer que les déictiques ne sont peut-être pas les seuls types
d’expressions répondant à certains critères fondamentaux de leur
caractérisation. Autrement dit : il y a peut-être une catégorie subsumante
d’expressions linguistiques qui, sans être des déictiques au sens traditionnel,
remplissent les fonctions traditionnellement associées aux déictiques, ou qui
présentent les propriétés typiques de l’indexicalité. Mais le supposer exige
d’avoir préalablement identifié ces propriétés et fonctions typiques, or il y a
de nombreuses divergences à ce sujet ; ainsi, la propriété token-réflexive, ou
sui-réflexive, peut, suivant les traditions, présupposer une subjectivité, ou
non.
Je partirai donc de ce constat que les différentes approches se sont
concentrées sur deux grandes problématiques, la première concernant la
référence, la seconde concernant la subjectivité.
Dans la tradition sémantique de manière générale, le problème auquel
ont tenté de répondre les sémanticiens – linguistes mais surtout philosophes
(D. Kaplan, J. Perry, H. Castañeda, F. Récanati, E. Corazza, A. Reboul par
exemple) – est celui de savoir à quoi réfère l’expression indexicale, et
comment l’expression indexicale permet de spécifier son référent. Autrement
dit, le problème important en sémantique est un problème référentiel
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.
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Je remercie les collègues qui ont bien voulu m’éclairer de leurs avis au long de
cette recherche, en particulier Antoine Auchlin et Paul Chilton, ainsi que Marcel
Vuillaume et les participants du colloque de Nice.
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Bien que des chercheurs tendent à introduire de manière de plus en plus
systématique une notion de point de vue ou d’attitude, comme P. Gherasim (en
cours).
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