Journées AFK/AGSO/CFH 11, 12, 13 et 14 septembre 2008 - Excursions en Quercy - Livret-Guide 149 La couverture crétacée, son extension, sa transformation et son ablation. Environnements de dépôts et paléogéographie. Jean-Pierre PLATEL*, Jean-Guy ASTRUC **, Laurent BRUXELLES *** * BRGM – Service Géologique Régional Aquitaine – 24, Avenue Léonard de Vinci – 33600 PESSAC jp.platel@brgm.fr ** Géologue Régional Honoraire BRGM Midi-Pyrénées, 2 bd de la Mairie, 09350 Campagne-sur- Arize. E-mail : jean.astruc@wanadoo.fr . *** INRAP – INRAP, ZAC des Champs Pinsons, 13 rue du Négoce 31650 St-Orens-de-Gameville et CRPPM/TRACES (UMR 5608 du CNRS). E-mail : laurent.bruxelles@inrap.fr Après la régression fini-jurassique (145 Ma) suivie de la structuration et de la karstification des massifs calcaires du Jurassique nord et est-aquitain, la mer du Crétacé transgresse à nouveau toute la plate-forme nord-aquitaine (PFNA) à partir de l'Albien (110 Ma) en débordant le sous-bassin très subsident de Parentis situé à l'ouest. Cette transgression eustatique majeure a avancé en onlap au fur et à mesure de la montée de l'océan global. Rappelons que c'est pendant le Crétacé supérieur et surtout pendant le Cénomanien supérieur-Turonien inférieur que le niveau de l'océan mondial a été le plus élevé de tout le Mésozoïque et le Cénozoïque (fig. 1) à cause d'une longue période de réchauffement climatique ("green-house Earth"), son niveau se situant à +200 m environ au-dessus du niveau actuel. Fig. 1 – Evolution du niveau de l'océan mondial depuis 250 millions d'années I – Evolution sédimentologique et paléogéographique de la plate-forme L'évolution verticale des dépôts du Crétacé supérieur nord-aquitain s'organise en deux séquences de 2 ème ordre, grands cycles sédimentaires transgression/régression, séparées par une discontinuité régionale majeure correspondant à une nette émersion sur le nord de la plate-forme avec lacune du Turonien terminal, zones à Subprionocyclus neptuni et Vaccinites giganteus (Platel, 1987, 1996; fig. 2). La séquence 1 débute dès l'Albien et se termine au Turonien supérieur basal; la séquence 2 recouvre tout le Sénonien et le Maastrichtien. Ces deux cycles peuvent être découpés par l'analyse séquentielle en quinze séquences de 3 ème ordre qui témoignent de l'évolution du bassin. I.1 – La mégaséquence T/R cénomano-turonienne D'une durée d'environ 10 Ma et comprenant 7 séquences, elle est dissymétrique avec une longue phase transgressive de 6 Ma environ pendant la fin de l'Albien et presque tout le Cénomanien, une phase d'apparente stabilité de 1,5 Ma seulement durant le Turonien inférieur/moyen basal (maximum transgressif) et une rapide phase régressive de moins de 2 Ma au Turonien moyen/supérieur. La phase de transgression rythmée par des séquences rétrogradantes se fait par débordements successifs en onlap sur les terrains antérieurs. Le Périgord Noir n'est atteint par la mer qu'au Cénomanien supérieur, dont les environnements margino-littoraux riches en tourbières ligniteuses n'ont cependant pas recouvert le secteur de Terrasson, Sarlat et Gourdon (fig. 3); des vallées incises assez profondes, des paléoreliefs et dépressions karstiques ont été mises en évidence (Platel, 1987) dans les calcaires jurassiques du secteur de La Chapelle-Péchaud entre Le Bugue et Belvès. Un bras d'une mer cénomanienne venant du sud est toutefois connu (Formation du Boulvé - Platel, 1987), s'étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres sur le Causse de Gramat (Astruc, 1992). Le seuil émergé n'a été transgressé qu'au Turonien inférieur au cours de la séquence TA.