1 Quand la parole se fait symbole 1 Créer, dire, s’apaiser à travers un mythe Florence Vandendorpe À travers l’analyse de quelques projets artistiques récents inspirés par un même mythe, cet article traite des relations entre art et mythe et, plus généralement, du langage symbolique. Nous nous interrogerons sur sa spécificité, les besoins auxquels il répond, et les conditions auxquelles il se déploie. Le matériau sur lequel s’appuie cette réflexion fut récolté en 2004-10 dans le cadre d’une recherche doctorale consacrée aux formes et usages contemporains d’un mythe intitulé « La Descente aux Enfers d’Inanna ». 2 Il est composé, d’une part, de brochures, scripts, et autres documents promotionnels présentant les projets en question ; d’autre part, d’entretiens semi-directifs réalisés avec une vingtaine d’artistes et de thérapeutes qui ont créé un projet thérapeutique ou artistique autour de ce récit. Les projets thérapeutiques ayant été abordés par ailleurs, nous nous centrerons ici sur les projets de création. Ce qu’il faut entendre par « mythe » Le terme « mythe » recouvre des sens bien différents. Dans cet article, il est à entendre selon l’acception que lui a donnée Eliade : le mythe est un récit qui traite d’une création, qu’il s’agisse de la création de l’u nivers, des dieux, d’une espèce animale, ou de toute autre réalité faisant du monde ce qu’il est. 1 Pour citer ce texte : VANDENDORPE F., 2014. Quand la parole se fait symbole, Art et thérapie, n°118-119, pp. 2-14. 2 Recherche réalisée principalement à l’Université catholique de Louvain, mais aussi partiellement à la University of Wisconsin - Madison.