PARAMETRES GENETIQUES D’INDICATEURS DU METABOLISME HEPATIQUE DURANT LE GAVAGE, DE LA QUALITE DES PRODUITS ET DU TAUX DE CORTICOSTERONE CHEZ LE CANARD, ESTIMES DANS LE CADRE DU PROGRAMME « GENECAN » Marie-Etancelin Christel 1 , André J.M. 2 , Baéza Elisabeth 3 , Basso B. 1 , Bastianelli D. 4 , Bernadet Marie-Dominique 5 , Brun J.M. 1 , Davail S. 2 , Dubos F. 5 , Fernandez X. 6 , Guémené D. 3 , Gontier Karine 2 , Guy G. 5 , Legarra A. 1 1 UR631 INRA SAGA, 31326 Castanet-Tolosan 2 UMR5254 CNRS EMM, 40004 Mont de Marsan 3 UR83 INRA URA, 37380 Nouzilly 4 UR18 CIRAD SEPA, 34 398 Montpellier 5 UE89 INRA UEPFG, 40280 Benquet 6 UMR1289 INRA-ENVT-INPT/ENSAT TANDEM, 31326 Castanet-Tolosan Résumé : Les paramètres génétiques de critères liés au métabolisme hépatique, à l’aptitude au gavage et à la qualité des produits du mulard ont été estimés selon 2 modèles dans les voies parentales (« commune » versus « Barbarie »). Au-delà des différences de déterminisme génétique entre les 2 voies parentales, il apparaît que les indicateurs du métabolisme hépatique en gavage sont héritables (entre 0,11 et 0,14 sur la voie « commune ») sous réserve d’un stade de gavage suffisamment avancé. Sachant que nos modèles sous-estiment d’un facteur 4 l’héritabilité génétique par rapport à une approche en race pure, les caractères pondéraux d’aptitude au gavage sont très héritables : 0,17 pour le foie et la peau du magret, 0,22 pour la cuisse et la carcasse ressuée, 0,27 pour le gras abdominal et 0,35 pour le muscle du magret. Une première estimation des héritabilités de la couleur du foie et du magret est présentée : entre 0,06 et 0,15 avec peu de différences entre les 2 lignées parentales. Enfin, les caractères de qualité du magret (pH, texture et perte à la cuisson) apparaissent comme peu ou pas héritables. Introduction Les caractères de variations de paramètres sanguins durant le gavage et de qualité du foie et des magrets sont coûteux et difficiles à mesurer sur un grand nombre d’individus. De fait, peu ou pas de travaux d’estimation de la variabilité génétique de ces caractères ont été publiés chez le canard gavé. Valoriser le pool important de données collectées sur les animaux du dispositif de détection de QTL « GENECAN » par une première estimation de paramètres génétiques est primordial : cela nous permettra de déterminer la part des gènes contrôlant chacun des caractères et de définir leurs éventuels liens génétiques. Traditionnellement, les paramètres génétiques estimés pour des caractères du mulard, animal croisé et stérile, reposaient sur un modèle développé par Poujardieu et al. (1994), considérant une seule des 2 voies parentales (généralement la voie femelle commune). En 2006, Chapuis et Larzul ont proposé un modèle permettant d’estimer conjointement dans les 2 voies parentales du mulard les paramètres génétiques de caractères s’exprimant chez le mulard. Nous avons donc souhaité comparer les méthodes et résultats obtenus en utilisant ces 2 approches d’estimation sur les données expérimentales du programme « GENECAN ». Matériel et méthode Les animaux et les mesures Le dispositif expérimental impliquant environ 1500 mulards élevés et gavés est décrit précisément dans l’article de Marie-Etancelin et al. (2008). Les mesures sur lesquelles portent l’estimation des paramètres génétiques concernent l’évolution de la corticostéronémie avant et après un stress appliqué à l’âge de dix semaines, les cinétiques de paramètres plasmatiques durant le gavage, les caractères de production après gavage et de qualité du foie et des magrets qui en découlent. Analyses statistiques Les héritabilités des caractères présentés ont été estimées par des méthodes classiques (maximum de vraisemblance restreint -REML- ou approche bayésienne -échantillonnage de Gibbs-) selon 2 approches distinctes. La première approche (A1) consiste à considérer les performances des mulards comme des mesures répétées de leurs mères back-cross (BC) et non pas usuellement comme des mesures effectuées sur les descendants de ces femelles. Proposé par Poujardieu et al. (1994), ce modèle permet d’estimer la variabilité génétique additive de la lignée maternelle. Notre modèle comporte 4 effets fixés dont 3 communs à toutes les variables : la campagne de mesure (2 niveaux), le lot d’éclosion (2 niveaux), le mâle Barbarie père des mulards (56), auxquels viennent s’ajouter le gaveur (3 niveaux) pour les variables liées au gavage ou le lot de dosage (16 niveaux) pour les variables de corticostéronémie. L’effet aléatoire correspond à la valeur génétique additive de la cane BC ; les généalogies remontant sur 5 générations comportent 596 individus. Les calculs ont été réalisés en utilisant la méthode du REML à l’aide du logiciel VCE 4.2 (Neumaier et Groenveld, 1998).