S84 Communications orales / La Revue de médecine interne 32S (2011) S45–S98 n’a pas rec ¸ u de traitement spécifique. L’évolution obstétricale a été marquée par 15 échecs de grossesse : sept fausses couches spontanées, six morts fœtales in utéro et deux décès néonataux. On note 13 retards de croissance in utero. Un nouveau-né a présenté une thrombose de la veine cave inférieure et de deux veines rénales et à un hématome surrénalien. L’évolution maternelle a été marquée par 15 complications sur les 57 grossesses : trois thromboses artérielles (un artère ulnaire, un accident ischémique transitoire et un ischémique cérébrale), un thrombose veineuse profonde du membre inférieur et un en post partum, deux compli- cations microcirculatoires dont un syndrome catastrophique des antiphospholipides probable en post-partum, trois hypertensions artérielles gravidiques et sept pré-éclampsies compliqué de six HELLP syndrome et un éclampsie. Discussion.– Malgré des recommandations consensuelles, nous avons observé 74 % de naissances vivantes ce qui correspond au taux de succès rapporté de la littérature. De surcroît, il existait des complications maternelles : pré-éclampsie (12,5 %), HELLP syn- drome (10,5 %) ainsi que 23 % de retard de croissance in utéro, ce qui est également similaire aux publications actuelles. Enfin, nous avons constaté 5,3 % de thromboses artérielles, 3,5 % de thromboses veineuses profondes et 3,5 % de complications microcirculatoires. Conclusion.– La prise en charge spécifique des patientes avec antiphospholipides ou un syndrome défini a permis d’améliorer les naissances vivantes. Néanmoins, il persiste des complications thromboemboliques maternelles non négligeables. Ces grossesses sont à haut risque et nécessitent une prise en charge multidis- ciplinaire dans un centre spécialisé avec un traitement et une surveillance adapté à chaque patiente. doi:10.1016/j.revmed.2011.03.096 CO 079 Prise en charge multidisciplinaire de grossesses menées par des patientes ayant eu des accidents obstétricaux avec détection d’anticorps antiphospholipides (APL) : expérience monocentrique H. Bézanahary a , F.X. Lapebie b , S. Hardeman c , J.L. Eyraud c , A. Vincelot d , E. Vidal-Cathala e a Service de médecine interne A, centre hospitalier universitaire, Limoges, France b Service de médecine interne A, CHU de Dupuytren, Limoges, France c Gynécologie et obstétrique, CHU de Dupuytren, Limoges, France d Anesthésie-réanimation, CHU de Dupuytren, Limoges, France e Médecine interne, C.H.U de Dupuytren, Limoges, France Introduction.– La prise en charge thérapeutique des grossesses au cours du syndrome des antiphospholipides (SAPL) est à l’heure actuelle relativement consensuelle. Les attitudes demeurent peu claires si les critères du SAPL défini ne sont pas remplis. Objectif.– Évaluer la prise en charge par une équipe multidis- ciplinaire de la grossesse de patientes ayant eu des accidents obstétricaux et porteuses d’APL. Patients et méthodes.– Quatre vingt douze grossesses à risque ont été suivies de manière conjointe par les internistes, les anesthésistes et les obstétriciens de 2002 à 2010 au centre hospitalier de Limoges dont 49 menées par 39 patientes remplissent les critères suivant : –Accident obstétrical précédant la grossesse sans autre cause détec- tée [fausses couches spontanées précoces (FCSP) ou tardives (FCST), mort fœtale in utero (MFIU), retard de croissance intra-utérin (RCIU), pré éclampsie (PE) ou HELLP syndrome] ayant permis de détecter la présence d’APL soit à une seule reprise à taux élevé soit à des taux à la limite du seuil de significativité à plusieurs reprises. –Décision thérapeutique adoptée pour une grossesse ultérieure discutée de manière multidisciplinaire. –Suivi mensuel assuré par les différents intervenants. Résultats.– L’âge moyen des patientes au moment de la grossesse est de 31,5 ans (22–44). Une pathologie auto-immune est retrou- vée dans 65 % des grossesses (22,4 % de thyroïdite, 20,4 % de lupus, 10,2 % d’autres connectivites et 16,3 % ont des FAN isolés). Une thrombophilie constitutionnelle est présente dans 18,7 % des cas (le plus souvent de risque modéré : mutation hétérozygote du facteur II (trois cas), mutation hétérozygote du facteur V (une patiente), déficit modéré en protéine S vérifié en dehors d’une grossesse (une patiente), hyperhomocysteinémie (trois patientes). Les acci- dents obstétricaux antérieurs (sachant qu’une même patiente peut en avoir plusieurs) : au moins deux FCSP consécutives : 36,7 %, MFIU, 28,6 %, FCST 12,2 %, RCIU 16,3 %, PE 8,1 %, HELLP syndrome 4,1 %. Les APL impliqués sont : 10,2 % d’anticoagulant circulant, 32,6 % d’anticardiolipine (IgG, IgM), 59,1 % d’anti B2GP1 (IgG, IgM), 14,3 % d’anti annexine V. Les techniques ELISA utilisées répondent aux critères définis à Sydney. Les traitements instaurés : aspirine (AAP) seule pour 18 grossesses (36,7 %), AAP et héparine de bas poids moléculaire (HBPM) pour 26 cas (53,1 %) et 5 (10,2 %) ont été menées sous AAP et HBPM à dose curative (échec ou anoma- lie doppler sous HBPM préventif, thrombophilie associée, infarctus ou thromboses placentaires). Quarante-quatre enfants (89,8 %) sont nés vivants dont 37 (75,5 %) de naissances à terme (poids moyen 2832 g), sept (14,3 %) de prématurité à 34 SA en moyenne (30–36). Parmi les décès fœtaux on compte deux (6,1 %) de FCT et trois (6,1 %) de FCP pour lesquels une origine chromosomique ne peut être exclue. Des complications obstétricales sont survenues dans 42,8 % des grossesses (hypertension artérielle, menace d’accouchement prématuré, HELLP avéré ou débutant). Les complications du traite- ment ont été constatées dans trois cas (6,1 %) mais restent mineures (ecchymoses, épistaxis non abondant, hématome en post césa- rienne, allergie cutanée). Conclusion.– Cette étude montre un intérêt à traiter les patientes présentant des accidents obstétricaux pour lesquels des APL ont été détectés, même si les critères de SAPL défini ne sont pas remplis. Une prise en charge multidisciplinaire reste nécessaire pour assurer une surveillance étroite afin d’optimiser les résultats. doi:10.1016/j.revmed.2011.03.097 CO 080 Registre européen du devenir à long terme des enfants nés de mères ayant un syndrome des antiphospholipides A. Mekinian a , P. Loire-Berson b , E. Lachassinne c , P. Nicaise-Roland d , M.H. Aurousseau e , E. Vicaut f , A. Tincani g , P. Rovere-Querini h , S. de Caroli g , M.C. Boffa e , L. Carbillon b , O. Fain a a Service de médecine interne, hôpital Jean Verdier, Bondy, France b Gynécologie et obstétrique, hôpital Jean Verdier, Bondy, France c Néonatologie et pédiatrie, hôpital Jean Verdier, Bondy, France d Immunologie autoimmunité et hyerpsensibilité, hôpital Bichat-Claude Bernard, Paris, France e Hématologie biologique et hémostase, hôpital Jean Verdier, Bondy, France f Biostatistiques, hôpital Lariboisière, Paris, France g Rheumatology, hospital Brescia, Brescia, France h Immunology, San Raffaele scientific institute, Milan, France Objectif.– Décrire l’évolution à long terme des enfants nés de mères présentant un syndrome des antiphospholipides (SAPL), décrire le profil immunologiques des enfants, corréler les anomalies aux caractéristiques des mères, à leur traitement pendant la grossesse, ainsi qu’à leur profil immunologique. Patients et méthodes.– Registre européen prospectif multicentrique d’une cohorte d’enfants nés de mères avec un SAPL suivi à par- tir de 2003 pendant cinq ans. Les données cliniques, biologiques et du Doppler utérin des mères SAPL ont été recueillis au cours de la grossesse. Les enfants ont été suivis à trois, neuf, 24 mois et cinq ans, avec une analyse des données à la naissance, de la croissance, du développement psychomoteur, des événements médicaux et le