A l’attaque ! Vers une typologie des différentes prises d’élan du discours Anne Grobet et Antoine Auchlin Université de Genève <Anne.Grobet@lettres.unige.ch> <Antoine.Auchlin@lettres.unige.ch> 1. Introduction : des « attaques » aux « prises d’élan » Parmi les objets étudiés en prosodie, la question des attaques paraît marginale : elle est rarement traitée pour elle-même. Ainsi, les attaques ne sont pas mentionnées dans le modèle de Mertens (1991), ni dans celui de Hirst & Di Cristo (1998). Dans le domaine de la synthèse de la parole, des systèmes TTS tels que Mingus ou Fipsvox (Mertens et al. à paraître) se contentent d’une ouverture standard (voir cependant Mertens & al. ici- même). Cette marginalité peut être attribuée au lien privilégié qui unit le phénomène de l’attaque au discours spontané. En effet, lorsqu’on étudie des phrases hors de tout contexte, l’attaque est neutralisée, tandis qu’elle se manifeste plus clairement dès que l’on a affaire à de « grandes masses » discursives monologiques ou dialogiques : intuitivement, on est porté à croire que les attaques hautes marquent le début de grandes unités discursives. Cette hypothèse, séduisante par sa simplicité, résiste-t-elle à l’analyse ? L’examen des données montre une grande diversité empirique : - certains tours débutent par une attaque basse (cf. Couper-Kuhlen 2001) ; - des attaques semblent se manifester à l’intérieur des tours de parole, voire des unités syntaxiques ; - en outre, il paraît insuffisant de se limiter à l’observation de la hauteur des attaques, dans la mesure où le début d’un tour de parole, par exemple, peut également être motivé d’une manière plus globale (rythme, gabarit, etc.) par le tour qui précède (Auer, Couper-Kuhlen & Müller 1999). Les exemples signalés par le symbole sont accompagnés de documents audio, qui peuvent être consultés sur la page des Cahiers de linguistique française, accessible depuis la page du Département de linguistique de l’Université de Genève : Http://www.unige.ch/lettres/linge/ , rubrique « Publications ».