Médecine et maladies infectieuses 38 (2008) S45–S46
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CT8-1. Sessions de communications orales thématiques (lettres)
Thème : Infections et cancers
Cancer et agents pathogènes
Pathogenic agents and cancer
D. Olive
a
, J. Rey
a
, Y. Collette
a
, X. Carcopino
b
, I. Hirsch
a
a
Université de la Méditerranée, INSERM UMR 891, Institut Paoli Calmettes, Institut de Cancérologie et d’Immunologie de Marseille IFR 137,
232 Bd Sainte-Marguerite, Marseille, France.
b
Service d’Obstétrique, Hôpital Nord, Marseille, France.
Mots clés : Cancer ; Agents pathogènes ; Inflammation
Keywords: Cancer; Pathogenic agents; Inflammation
L’incidence par cancer a doublé en France en 25 ans. Trois
cent vingt mille cancers ont été diagnostiqués en 2005 en
France (InVS 2008). Les données épidémiologiques indi-
quent que 15 % des cancers sont associés à des pathogènes
dans les pays développés [1,2]. Les pathogènes incriminés
sont aussi bien des virus, des bactéries et plus rarement des
parasites. Les mécanismes en cause sont parfois directs par le
biais du potentiel directement oncogénique de protéines ou
indirects par les déficits immuns associés qui peuvent interfé-
rer avec une réponse immune efficace et induire des inflam-
mations chroniques [3].
Une réponse immune efficace dépend d’une articulation
parfaite entre des événements impliquant l’immunité innée
puis acquise. Les agressions par les pathogènes vont activer
l’immunité innée résidante dans les épithéliums, en particu-
lier les macrophages et mastocytes qui par production de
cytokines inflammatoires et chimiokines vont recruter les
polynucléaires, monocytes, cellules Natural Killers (NK) et
lymphocytes T. Ces étapes sont particulièrement sous
l’influence de l’activation des récepteurs cellulaires de type
TLR, NOD, NALP ainsi que d’hélicases. La réponse
inflammatoire va réguler les réponses acquises, en particu-
lier par la mise en place d’une réponse immune efficace
mise en route par les cellules présentant l’antigène dans les
organes lymphoïdes secondaires. Une réponse efficace T et
B va contrôler puis guérir la plupart des infections par les
pathogènes. La réponse immune est alors interrompue et
suivie de la persistance de cellules mémoires T et
B. Cependant dans certains cas, cette réponse est inefficace.
Les bases de cette réponse inefficace sont multiples, impli-
quant en particulier des facteurs issus du pathogène (cf. ci-
dessous) ou de combinaisons de pathogènes ou liés à l’hôte,
thérapeutiques, environnementaux ou génétiques.
Un état d’inflammation chronique peut persister, dépen-
dant le plus souvent d’une réponse lymphocytaire T inadé-
quate. Les lymphocytes T associés à ces états de réponse
inadéquate associée ou non à une inflammation chronique
ont des altérations fonctionnelles se traduisant par une apop-
tose exacerbée, un déficit fonctionnel, la surexpression de
récepteurs inhibant leurs fonctions (comme PD-1).
Des facteurs génétiques sont impliqués dans la persis-
tance d’une inflammation chronique ainsi le polymor-
phisme des gènes de cytokines (TNF, IL1α), PAM (TLR,
NOD) sont impliqués dans ces états.
Si de nombreux pathogènes sont retrouvés chez le même
individu pourquoi un sous-groupe va-t-il développer un
cancer et le plus souvent après une latence prolongée ?
On peut incriminer :
– un déficit immunitaire et/ou une dérégulation de la
réponse immune (par exemple infection chronique) ;
– la nécessité de cofacteurs qui sont impliqués dans l’ini-
tiation soit à la promotion du cancer ;
– un cas particulier correspond à la capacité du patho-
gène à cibler puis transformer les cellules progénitri-