Article original Efficacité comparée de l’adrénaline et du salbutamol en nébulisation dans l’asthme aigu grave. Essai clinique contrôlé prospectif randomisé Compared efficacy of nebulized adrenaline and salbutamol in acute severe asthma. A randomized, prospective and controlled study A.A. Zeggwagh *, R. Abouqal, N. Madani, K. Abidi, R. Moussaoui, A. Zekraoui, O. Kerkeb Service de réanimation médicale et de toxicologie clinique, hôpital Avicenne, Rabat, Maroc Reçu le 19 décembre 2001; accepté le 15 juin 2002 Résumé Objectif : Comparer la salbutamol et l’adrénaline en nébulisation dans l’asthme aigu grave (AAG). Type d’étude : Essai clinique prospectif contrôlé. Patients et méthodes : D’octobre 1998 à mai 1999, 44 patients (31 femmes et 13 hommes, âge = 35 ± 11 ans) en AAG (débit expiratoire de pointe (DEP) < 150 l min –1 et normo- ou hypercapnie) ont été randomisés en Groupe salbutamol (n = 22) traité par salbutamol en nébulisation (10 mg h –1 durant 2 h, puis 5 mg toutes les 4 h) et Groupe adrénaline (n = 22) traité par adrénaline en nébulisation (6 mg h –1 durant 2h puis 3 mg toutes les 4 h). L’efficacité des traitements a été mesurée par : DEP, volume expiratoire maximal en 1 sec (VEMS) et score de Fischl durant les huit premières heures de même que par la gazométrie durant la première heure. Les effets indésirables ont été appréciés par les variations de la fréquence cardiaque, la pression artérielle systolique, la kaliémie et la glycémie. Statistiques : Wilcoxon, Fischer exact, Anova puis Scheffé. Résultats : Les groupes thérapeutiques sont comparables concernant : l’âge, le sexe, la gravité, l’ancienneté de l’asthme et la durée de la crise. Les deux traitements ont entraîné une amélioration significative et comparable du DEP qui a augmenté durant les 8 h de 117,7 ± 41,6 l min –1 à 203,3 ± 56,9 dans le groupe salbutamol et de 116,4 ± 36,8 l min –1 à 217,3 ± 188,8 l min –1 dans le groupe adrénaline (p = 0,77). Cette amélioration a concerné également le VEMS, le score de Fischl et les paramètres gazométriques mais sans différence significative entre les deux groupes. La tolérance des deux bronchodilatateurs a été bonne et comparable entre les groupes. Le recours à la voie veineuse a été nécessaire chez 3 cas du groupe salbutamol et 4 cas du groupe adrénaline (NS). Conclusion : L’adrénaline nébulisée est aussi efficace et aussi bien tolérée que le salbutamol par voie aérienne dans l’AAG. La nébulisation semble réduire les effets systémiques de l’adrénaline. © 2002 E ´ ditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés. Abstract Objective: To compare nebulized salbutamol and nebulized adrenaline in acute severe asthma (ASA). Study design: Prospective controlled study. Patients and methods: October 1998 at May 99, 44 patients (31 women and 13 men, 35 ± 11 yrs) with ASA (defined as peak expiratory flow rate (PEF) < 150 l min –1 and normo- or hypercapnia) were randomized to receive either nebulized salbutamol (n = 22), 10 mg/h –1 * Auteur correspondant. Adresse e-mail : aazeggwagh@menara.co.ma (A.A. Zeggwagh). Annales françaises d’anesthésie et de réanimation 21 (2002) 703–709 www.elsevier.com/locate/annfar © 2002 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés. PII: S 0 7 5 0 - 7 6 5 8 ( 0 2 ) 0 0 7 7 9 - 7