Les deux Don Juan de Mérimée ANNE-MARIE REBOUL UCM Revenir sur ¡e mythe de Don Juan pourrait sembler quelque peu oisif. Cepen- dant, le texte de Presper Mérimée, Les Ames du Purgatoire, publié en 1834 dans la Revue des Deu.x Mondes, trés peu visité par la critiqoe, invite ‘a quelques réf¡exions, d’autant que les rares lectures dont il a fait lobjet n’ont souvent retenu que l’inter- prétation littérale do récit: l’auteur manifesterait sa cenfiance en un pardon divin et au salut dc l’áme, ‘a qui garde la foi. Ainsi de la lecture officielle drainée par Lagarde et Michard et qui pervertit le sens profond de l’oeuvre. Cette visien a conduit ‘a l’affirmatien, tout aussi preste, que le récit mériméen ne constituepas un élargissernent ou une exploration nouvelle du mythe . L’ana¡yse narrative neus a poortant révélé quelques données que neus aímeríens partager ayee Jesus Cantera en hommage de qoi neos preposens cette lecture interprétative. Au seuil méme do récit, une intredoction trés personnelle de Mérimée aurait dO alerter les critiques: les principes énoncés manifestent une claire entente do mythe. Conscient de la confusion due ‘a ¡‘accomolation, sur un seul et méme personnage, des traits successivement appertés par la tradition, l’aoteur seuligne la nécessité de faire la part de chacun, nc laissant aucun doute quant ‘a sa prepre cennaissance do persennage mythique qui hante ¡es esprits méditerranéens depuis 1630. En homme de culture qui avait fait de bennes homanités —il connaissait Meliére par coeur et le citait souvent— il différencie don Juan Tenorio de don Juan de Maraña 2, dont lafin Cf. Bernard Noél. dans le Dictionnaire des per.s-onnages de Roben Laffont. Force est de reconnaitre que les différentes lectores cJfir.ielles de l’eeovre de Mérimée nc fent que manifester laccucil assez froid que Iflistoire littéraire Ini a réservéjosquñ aujeurd’hoi. Comme le rappelait récemment Mme Antonia Fonyi qui sest vooée it la Idehe de faire revivre son aeuvre en organisant le premier colloqoe consacré a lauteor. la prodoction littéraire cíe Mérimée, cans¡dérée camme ciassique, et en qoelqoe serte classée une fois peor teutes. denianderait it élre libérée rielo chape c.íirlées refues citó la rec.ouvre. 2 ~ sagú en réalité de den Miguel Mañara (1627-1679), persennage célébre it Séville, presque con- temporain do don Joan Tenorio de Tirso de Molina, et qni aurait lbi,dé Ihépital de la Chanté peor rache- ter son áme aprés avoir mené une vie dissoloe. l-frnnena¡e c,l Prof .1. Cantero. Serv. Publicaciones Universidad Complutense. Madrid, 1997