Onzièmes Journées nationales de la FFER (Paris, 11–13 octobre 2006)
Aspects sociologiques de la paternité tardive
Sociological aspects of late fatherhood
M. Bessin
CNRS, centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS), école des hautes études en sciences sociales (EHESS), 54, boulevard Raspail, 75006 Paris, France
Reçu le 18 juillet 2006 ; accepté le 21 juillet 2006
Disponible sur internet le 08 septembre 2006
Résumé
À partir d’une recherche sociologique sur la parenté — ou parentalité — tardive, l’article expose quelques enseignements quantitatifs et
qualitatifs du phénomène, notamment du côté des pères. La parenté tardive a décliné au XX
e
siècle, pour progresser de nouveau depuis 1980.
L’exploitation secondaire de l’enquête EHF 99 permet de montrer les logiques à l’œuvre et les caractéristiques sociodémographiques de la
paternité tardive, sur trois générations. C’est un phénomène qui est fortement lié aux descendances nombreuses et aux recompositions familiales.
On observe également dans ces configurations d’importants écarts d’âge entre conjoints et des entrées tardives dans la vie de couple. La bipo-
larisation sociale du phénomène, particulièrement nette pour les maternités tardives, l’est beaucoup moins pour la paternité, qui présente une part
de plus en plus importante d’ouvriers et de non diplômés. Cette différence est due au poids très important des immigrés dans le phénomène. Une
enquête qualitative par entretiens biographiques a permis de mettre en lumière des logiques sexuées du faire famille sur le tard, non seulement du
fait des inégalités des calendriers biologiques de fertilité, mais surtout à cause d’une différenciation des calendriers et des investissements sociaux
qui résulte de la division sociale du travail entre hommes et femmes. Les récits permettant d’analyser les processus biographiques de la parenté
tardive s’organisent selon des logiques d’ajournement ou de recommencement, sous forme de refondation ou de répétition. Ils renvoient en tout
cas à des négociations avec soi-même et à l’intérieur du couple.
© 2006 Elsevier SAS. Tous droits réservés.
Abstract
Starting from a sociological research on late parenthood, the article shows quantitative and qualitative lessons on the subject – in particular
concerning the fathers’ perspective. Late parenthood has declined over the 20th Century, to increase again since 1980. The further exploitation of
the survey EHF 99 shows the processes and the socio-demographic of late fatherhood, over three generations. This phenomenon is tightly related
to the multiple descents and family recombinings. We also observe in these configurations major age differences between spouses and late
relationship. The social bipolarity of this phenomenon appears clearly as far as late motherhood is concerned, but is less clear concerning
fatherhood, since more blue collars and non qualified men are concerned. This difference is due to the important role played by migrants in
this phenomenon. A qualitative survey conducted on the basis of biographic interviews has underlined the gendered logics of late family found-
ing. These logics are linked to the discrepancies due to man/woman differences regarding their respective calendar of fertility and to their attitude
towards work. The interviews which provide an analysis of the biographical processes of late parenthood are organised according to postpone-
ment or renewal logics, in the form of refoundation or repetition. They are linked to self-introspection and to the negotiations at work within a
couple.
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Mots clés : Sociologie ; Paternité ; Âges ; Famille ; Calendriers ; Parenté tardive ; Genre
Keywords: Sociology; Fatherhood; Ages; Family; Calendars; Late parenthood; Gender
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Gynécologie Obstétrique & Fertilité 34 (2006) 860–872
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doi:10.1016/j.gyobfe.2006.07.015