materiali foucaultiani, a. VIII, n. 15-16, gennaio-dicembre 2019, pp. 39-57. Foucault, une pensée de la force Sur la nécropolitique et la violence, au-delà de l’Un Valentina Antoniol L’importance et l’actualité d’un thème « oublié » Il est facile de comprendre à quel point le travail de Michel Foucault peut se révéler important pour développer une analyse qui vise non seulement à traiter les questions de la vie, de la violence, du pouvoir, mais aussi à enquêter sur leurs interconnexions intrinsèques et profondes. Il est tout aussi simple – et presque prévisible – d’imaginer que le point de départ d’un tel discours pourrait être constitué par le thème de la biopolitique, tel qu’il a été développé par le philosophe français depuis 1976. Cependant, notre intention ici est plutôt de proposer un parcours différent : non pas en nous dirigeant d’emblée vers l’hypothèse du bio- pouvoir, mais en faisant un pas en arrière et – avant d’arriver à parler de la nécropolitique et de la violence – en nous concentrant tout particu- lièrement sur un aspect spécifique de la production de Foucault qui précède et introduit ses réflexions sur la biopolitique. Afin d’élaborer ce cadre de recherche, il peut en effet être stimulant de donner toute sa place à un sujet qui n’a pas toujours reçu une attention adéquate de la part des commentateurs. Il s’agit du thème de la guerre ou, plus précisé- ment, de ce que Michel Senellart a efficacement défini comme le « schè- me polémocritique » 1 foucaldien, qui peut être compris de la manière suivante : un modèle qui utilise la guerre comme instrument critique et la critique comme instrument de guerre. En effet, on a longtemps considéré que ce discours sur la guerre constituait simplement un aspect marginal du travail de Foucault, relégué presque exclusivement au cours au Collège de France de 1975-1976, « Il 1 M. Senellart, « Michel Foucault : « gouvernementalité » et raison d’État », in La Pensée politique, (1993), n.1, p. 283. Il faut observer que Senellart ne donne pas une définition précise de son expression. Par conséquent, celle que nous fournissons ci-dessus n’est rien de plus qu’une interprétation personnelle de cette formule efficace.