1388 SYNTHÈSE médecine/sciences 1999 ; 15 : 1388-94 m/s n° 12, vol. 15, décembre 99 A u cours du développe- ment industriel de nou- veaux composés chimi- ques, il est nécessaire d’évaluer le risque d’in- duction de tumeurs par ces nouvelles molécules. Bien que nous n’ayons qu’une vue incomplète des processus de tumorisation, une batterie de tests est disponible pour détecter les com- posés chimiques qui portent atteinte à l’ADN et induisent ainsi des lésions génétiques. Cependant, il n’existe pas de test rapide pour détecter les molé- cules chimiques qui sont des carcino- gènes non génotoxiques, c’est-à-dire des molécules capables d’induire des tumeurs sans provoquer de lésions de l’ADN. Le foie des rats et des souris, ainsi que, dans une moindre mesure, leurs reins sont les cibles principales des carcinogènes non génotoxiques [1]. Les proliférateurs de peroxy- somes, utilisés comme pesticides, her- bicides, solvants organiques et assou- plisseurs de matériaux plastiques, représentent la famille de carcino- gènes non génotoxiques la mieux caractérisée [2, 3]. L’incidence des tumeurs provoquées par les proliféra- teurs de peroxysomes dépend en par- ticulier des espèces étudiées [2]. Chez les rongeurs, les proliférateurs de peroxysomes induisent la produc- Stimulation de la croissance hépatocytaire par les proliférateurs de peroxysomes Les proliférateurs de peroxysomes, utilisés en médecine comme médicaments hypolipémiants, sont des composés chimiques induisant des hépatocarcinomes chez les ron- geurs sans provoquer de lésions de l’ADN. Cependant, ils n’induisent pas de tumeurs du foie chez l’homme. Chez les rongeurs, les proliférateurs de peroxysomes induisent la réplication de l’ADN des hépatocytes et inhibent la mort cellulaire par apoptose. Les proliférateurs de peroxysomes activent le récepteur nucléaire PPARa (peroxisome prolifera- tor activated receptor a) qui contrôle l’expression des gènes des enzymes de la voie de b -oxydation des acides gras. Le TNFa (tumour necrosis factor a) semble nécessaire à l’action des proliférateurs de peroxysomes mais les gènes contrôlant la croissance hépatocytaire et réglés par PPARa n’ont pas été identifiés. La compréhension des mécanismes moléculaires induisant la prolifération hépatocytaire chez les rongeurs devrait permettre de mieux évaluer les risques que repré- sentent les proliférateurs de peroxysomes pour l’homme. ADRESSES S. Chevalier, N. Macdonald, R. Roberts : AstraZeneca Central Toxicology Labora- tory, Alderley Park, Macclesfield, Cheshire, SK10 4TJ, Royaume-Uni. N. Chevalier : Teamwork, Armstrong House, Swallow Street, Stockport, SK1 3LG, Royaume-Uni. Stephan Chevalier Neil Macdonald Nathalie Chevalier Ruth Roberts