La gestion des activités : pratiques sociales, rôles interactionnels et actes de discours Marcel Burger Université de Lausanne LALDIM (Laboratoire d’analyse linguistique des discours médiatiques) Université de Neuchâtel Institut de Journalisme et Communication <marcel.burger@unil.ch> 1. Introduction Cet article a pour objet la gestion des activités dans un genre médiatique courant : l’entretien télédiffusé de personnalités. Ces activités comportent trois dimensions en interrelation que nous définissons dans un premier temps : la dimension de la pratique sociale englobante, celle des rôles interactionnels ponctuellement endossés par les participants, et enfin la dimension des ressources langagières mobilisées et plus précisément des actes de discours accomplis. 1 Dans un deuxième temps, nous proposons une analyse de la gestion des entretiens à partir d’un corpus constitué d’extraits d’entretiens télévisés récents. L’intervieweur et son invité y négocient les activités en vue de définir leurs identités et concourir aux finalités et aux enjeux de l’interaction. Tous les extraits se caractérisent par un dysfonctionnement qui révèle, par le truchement des réactions des interactants, des schémas d’attentes sous-jacents à l’entretien. Centrer son attention sur la gestion des activités c’est se situer à un niveau très général des phénomènes correspondant, grosso modo, au niveau du « contrat de communication » (Charaudeau 1997), du « cadre interactif » (Vion 1992), du « type d’activité » (Levinson 1992), de la « pratique sociale » (Van Dijk 1990), ou encore de la « transaction » (Trognon & Kostulski 1996), pour reprendre des notions équivalentes ou ressemblantes. Cependant, en tant qu’analyste du discours, nous portons une attention particulière au détail discursif des activités avec l’hypothèse 1 Dans ce sens, nous succombons au travers dénoncé par Filliettaz (2004) qui regrette cette « prolifération des définitions et des étiquettes terminologiques » tout en admettant que celle-ci est peut-être inévitable au stade actuel de la réflexion sur les apports des théories de l’action, au sens large, à la problématique des discours.