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Protée
Rumeur et stéréotypie
L’étrange séduction de l’inoriginé
Jean-Louis Dufays
La rumeur
Volume 32, numéro 3, hiver 2004
URI : https://id.erudit.org/iderudit/011256ar
DOI : https://doi.org/10.7202/011256ar
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Éditeur(s)
Département des arts et lettres - Université du Québec à Chicoutimi
ISSN
0300-3523 (imprimé)
1708-2307 (numérique)
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Citer cet article
Dufays, J.-L. (2004). Rumeur et stéréotypie : l’étrange séduction de l’inoriginé.
Protée, 32 (3), 25–31. https://doi.org/10.7202/011256ar
Résumé de l'article
Partant du constat que les similitudes entre le phénomène de la rumeur et
celui de la stéréotypie n’ont, jusqu’à ce jour, guère été mises en évidence,
l’article s’attache à montrer qu’elles sont nombreuses et qu’elles amènent à
jeter sur la rumeur une lumière nouvelle. La démonstration commence par un
portrait du stéréotype, décliné en trois niveaux de réalité et sept
caractéristiques, dont la plus remarquable est la réversibilité axiologique du
phénomène. La rumeur, de son côté, ne concerne que le plan des
représentations, mais, cette restriction mise à part, presque toutes les
caractéristiques de la stéréotypie s’y retrouvent. Qui plus est, elle emprunte
largement les formes et les valeurs du stéréotype pour convaincre de sa
pertinence. Stéréotype et rumeur se distinguent cependant par plus d’un
point : le caractère général, statique et difficilement assumable du premier
s’oppose à l’aspect anecdotique, narratif et fréquemment assumé de la
seconde. La comparaison se poursuit et se précise par l’analyse comparative
des trois phases par lesquelles un stéréotype et une rumeur se propagent, à
savoir la phase de production, la phase de réception et la phase de relais.
L’auteur s’interroge enfin sur l’étrange et paradoxale séduction qu’exerce la
parole floue, inoriginée, anonyme dans un monde qui ne cesse par ailleurs
d’affirmer les valeurs de l’empirie et de la rationalité.