J Radiol 2005;86:369-85
© Éditions Françaises de Radiologie, Paris, 2005
mise au point neuroradiologie
IRM de diffusion du système nerveux central :
applications cliniques
M Hamon (1), O Coskun (1), P Courthéoux (1), J Théron (1) et X Leclerc (2)
Introduction
Imagerie de diffusion : principe
Les séquences de diffusion sont des sé-
quences rapides de type spin-écho dont
l’acquisition échoplanaire permet d’éviter
les artéfacts de mouvements. Deux gra-
dients intenses et symétriques sont appli-
qués (gradients de diffusion), de part et
d’autre du pulse de 180°. Sans gradient de
diffusion, les images sont pondérées en
T2 alors que l’application des gradients
provoque une baisse de signal des protons
mobiles. En effet, les protons immobiles
ne perdent pas de signal car le déphasage
des spins provoqué par l’application
du premier gradient est parfaitement
compensé par le rephasage des spins pro-
voqué par le second gradient. Lorsque les
protons sont mobiles, ils perdent du si-
gnal en raison du changement de phase
lié à leur mouvement entre l’application
des deux gradients. L’importance de l’at-
ténuation du signal est le reflet direct de la
mobilité des molécules d’eau. Le signal
du liquide cérébro-spinal (LCS) est forte-
ment hypointense sur ce type de séquence
alors que le parenchyme cérébral a un
signal plus élevé.
Coefficient apparent de diffusion
(ADC)
Dans les milieux biologiques, le degré de
mobilité des molécules d’eau est caracté-
risé par un facteur appelé coefficient de
diffusion apparent ou ADC (apparent
diffusion coefficient) exprimé en mm
2
/sec.
La mesure de l’intensité du signal sur des
images sans gradients de diffusion (S
0
) et
après application des gradients (S), per-
met de calculer l’ADC selon la formule
suivante : S = S
0
e
–b.adc
Le facteur b, appelé aussi facteur d’atté-
nuation, caractérise la puissance des gra-
dients de diffusion. Sa valeur dépend de
l’amplitude, de la durée d’application et
du temps séparant l’application de ces
gradients. Plus b est élevé, plus la séquen-
ce est pondérée en diffusion. En routine
clinique, on utilise le plus souvent une va-
leur de b = 1 000 s/mm
2
, permettant un
bon compromis entre pondération en dif-
fusion et rapport signal sur bruit (1). Pour
le calcul de l’ADC, deux séquences sont
nécessaires : une sans gradient de diffu-
sion, appelée b = 0 s/mm
2
, qui est forte-
ment pondérée T2 et une avec gradient,
appelée b = 1 000 s/mm
2
, qui correspond
à l’image de diffusion.
Isotropie/anisotropie
Dans les tissus biologiques, et notamment
le cerveau, la diffusion est dite anisotrope
car elle n’est pas identique dans les diffé-
rentes directions de l’espace, en raison de
l’orientation variable des structures biolo-
giques. Elle est notamment plus élevée
lorsque les gradients sont orientés dans
l’axe des fibres de myéline. Pour s’affran-
chir de ce phénomène, il est nécessaire de
réaliser plusieurs acquisitions successives
en appliquant les gradients de diffusion
sélectivement, dans trois directions ortho-
gonales de l’espace (xx’, yy’, zz’). À partir
de ces trois acquisitions, l’analyse du si-
gnal peut être moyennée et représentée
sur une image appelée « trace ».
Un post-traitement par un logiciel dédié
permet, à partir de l’image b = 0 s/mm
2
et
de l’image trace, d’obtenir une cartogra-
phie ADC afin de s’affranchir de l’effet
T2. Les valeurs d’ADC sont alors codées
Abstract Résumé
Diffusion MR imaging of the central nervous system: clinical
applications
J Radiol 2005;86:369-85
Diffusion-weighted MR imaging is a technique in which image
contrast is determined by the motion of water molecules within tissues.
This motion is characterized by the apparent diffusion coefficient
(ADC). This technique is particularly useful for the early detection of
cerebral infarction but many other diseases of the central nervous
system are associated with a change in water diffusion and may be
assessed by diffusion-weighted MR imaging. This is an easy and fast
pulse sequence providing useful data for early diagnosis and prognosis
as well as information about underlying pathophysiology. After an
overview of the basic concepts of diffusion imaging and the knowledge
required for image interpretation, we will assess the potential value of
this technique for the diagnosis of the main diseases of the central
nervous system.
L’imagerie de diffusion est une technique IRM dont le contraste est
déterminé par les mouvements des molécules d’eau au sein du paren-
chyme. Ces mouvements sont caractérisés par le coefficient de
diffusion apparent appelé ADC (apparent coefficient diffusion).
Cette technique est particulièrement sensible pour la détection
précoce de l’infarctus cérébral mais d’autres affections du système
nerveux central s’accompagnent d’une modification de la diffusion de
l’eau et peuvent être étudiées en diffusion. Il s’agit d’une méthode
simple, rapide permettant d’apporter des éléments importants pour le
diagnostic précoce, les mécanismes physiopathologiques et le
pronostic de la maladie. Après un rappel sur le principe de l’imagerie
de diffusion et sur les bases nécessaires à l’interprétation des images,
nous aborderons l’intérêt potentiel de cette technique pour le
diagnostic des principales affections du système nerveux central.
Key words: Magnetic resonance (MR). diffusion study. Mots-clés : IRM. Imagerie de diffusion.
(1) Service de Neuroradiologie, Avenue Côte de Nacre,
CHU, 14033 Caen. (2) Service de Neuroradiologie,
Hôpital Roger Salengro, CHRU, 59037 Lille.
Correspondance : M Hamon
E-mail : hamon-mi@chu-caen.fr
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