EPIDEMIOLOGIE M6d Mal Infect. 1996 ; 26 : 1155-8 Aspects 6piddmiologiques de la r6sistance des entdrobact6ries aux c6phalosporines de troisi6me gdndration en Tunisie Centrale (6tude rdtrospective sur 3 ans)* J. BOUKADIDA**, K. MONASTIRI***, N. LAMOURI***, O. BOUALLEGUE**, N. SNOUSSI***, A.S. ESSOUSSI**** et M. JEDDI** RESUME Sur une p6riode de trois ann6es (1992-1994) et h travers l'6tude de 7 833 ent6robact6ries non redondantes isol6es de diff6rents produits pathologiques au CHU F. Hached de Sousse, nous avons caract6ris6 338 souches r6sistantes aux cdphalosporines de troisi~me g6n6ration. I1 s'agit de 166 Kleb- siella, 62 Escherichia coli, 47 Salmonella, 43 Enterobacter, 10 Proteus, 6 Citrobacter, 3 Serratia et une Shigella. Parmi ces souches, 93 ont 6t6 isol6es ~ partir d'hdmocultures et 9 de liquides c6phalorachidiens. Les patients infec- t6s sont essentiellement des nouveau-n6s (44 %) et des enfants (23,6 %). L'ofloxacine, l'amikacine et la colimicine se sont av6r6es, in vitro, les plus fr6quemment actives sur les souches r6sistantes. Mots-cl6s : Ent6robactdries - Rdsistance - C6phalosporines de troisi6me g6n6ration - Epiddmiologie. Les entdrobact6ries repr6sentent une des principales familles de bacilles ~ Gram n6gatif responsables d'infections humaines graves (1). Face ~ ces bact6ries, les cdphalosporines de troi- si~me gdndration (CG3) se sont affirm6es au cours de la tier- nitre ddcennie comme les antibiotiques de choix et souvent de dernier recours (2, 3). L'infection due ~ une ent6robact6rie r6sistante aux cdphalosporines de troisibme g6n6ration (EBRCG3), est souvent grave et pose de difficiles probl~mes thdrapeutiques. L'identification des patients ~ risque dans une structure hospitali~re est un pr6alable obligatoire pour route conduite qui vise ~ maitriser ce prdoccupant ph6no- mSne. Le but de notre travail est d'6tudier les principaux aspects 6pid6miologiques des EBRCG3 darts notre CHU. MATERIEL ET METHODES A partir des donndes du Laboratoire de Microbiologie, nous avons effectual une enquSte rdtrospective sur les infections dues aux EBRCG3 au cours des anndes 1992, 1993 et 1994. Les ent6robact6ries ont 6t6 isol6es ~ partir de diffdrents pro- duits pathologiques provenant de malades hospitaliers ou * Requ le 30.5.95. Acceptation ddfinitive le 8.8.95. ** Laboratoire de Microbiologie, CHU F. Hached/Facult6 de Mddecine "Ibn E1 Jazzar", 4002 Sousse, Tunisie. *** Service de N6onatologie, CHU F. Hached, Sousse, Tunisie. **** Service de P6diatrie, CHU F. Hached, Sousse, Tunisie. consultants au CHU F. Hached de Sousse, Tunisie (h6pital de 700 lits et 20 000 admissions par an, routes les sp6cialit6s sont reprdsent6es avec un service de chirurgie g6n6rale de faibte activit6) ainsi que de patients consultants aux diffdrents dispensaires de la rdgion. L'6valuation de la sensibilit6 aux antibiotiques des ent6robact6ries a 6t6 rdalisde par la tech- nique de diffusion selon les recomrhandations du Comit6 Fran~ais de l'Antibiogramme (4). Une boite d' antibiogramme a 6t6 r6servde aux disques de bSta-lactamines avec en son centre un disque d'amoxicilline + acide clavulanique; cette boite a 6t6 interprdt6e comme il a 6t6 prdcis6 par Legrand et coll. (4). L'imipdn6me n'a pas 6t6 test6 de mani6re r6guli6re. L'dtude des dossiers mddicaux nous a permis de recueillir des informations standardisdes qui ont 6t6 trait6es par le logiciel Systat (version 3.0, copyright, 1986. Systat INC). Le ques- tionnaire pr6cise en particulier l'identit6 du patient, son ftge, la date et le mode de son admission (direct ou transf6r6 d'une structure), le motif d'hospitalisation, la nature de l'infection due ~ I'EBRCG3, le ddlai de son apparition apr6s l'hospitali- sation et enfin le pronostic de cette infection. RESULTATS Pendant la p6riode de l'6tude, 7 833 ent6robact6ries ont 6t6 isol6es de mani~re non redondante. I1 s'agit essentiellement d'Escherichia coli et de Klebsiella (figure 1). Trois cent trente huit ent6robact6ries, domin6es par Klebsiella (tableau I), expri- 1155