De l’insomnie au syndrome des jambes sans repos Damien Léger 1 , Marie-Françoise Vecchierini 1 , Jean-Marc Léger 2 1. Université Paris-Descartes, APHP, Hôtel Dieu, centre du sommeil et de la vigilance, 1, place du Parvis-Notre-Dame, 75181 Paris cedex 04, France 2. Consultation de pathologie neuromusculaire, bâtiment Babinski, hôpital Pitié-Salpêtrière, 75651 Paris cedex 13, France Correspondance : Damien Léger, Centre du sommeil et de la vigilance, Hôtel-Dieu, 1, place du Parvis- Notre-Dame, 75181 Paris cedex 04, France. damien.leger@htd.aphp.fr Disponible sur internet le : 2 avril 2010 From insomnia to restless legs syndrome Un tiers de nos vies passe à dormir ou plutôt à chercher le sommeil pour beaucoup d’entre nous si on en croit les études épidémiologiques récentes sur l’insomnie. Celle-ci touche, en effet, un adulte sur cinq en France comme dans la plupart des pays industrialisés [12]. L’insomnie se définit non pas comme une simple mauvaise perception du sommeil, mais comme une difficulté d’endormissement, de maintien du sommeil ou un réveil précoce, survenant au moins trois fois par semaine depuis au moins un mois. L’insomnie a par définition des conséquences dans la journée : fatigue, troubles cognitifs, irritabilité, risques d’erreurs, troubles du fonctionnement professionnel ou social, risque d’accidents [3]. Trop souvent l’investigation de l’insomnie par les cliniciens est limitée à ses causes psycholo- giques évidentes : l’anxiété et la dépression sans tenir compte des comorbidités très fréquentes qui peuvent être recherchées par un simple interrogatoire centré sur la nuit ou par une étude un peu plus attentive de la plainte de sommeil, comme le recommandent les récentes « Recom- mandations pour la pratique clinique sur la prise en charge de l’insomnie en médecine générale » éditées par la Haute Autorité de santé [4]. C’est à partir de ces plaintes, souvent considérées comme banales par le clinicien, que le syndrome des jambes sans repos (SJSR) et ses conséquences sur le sommeil ont été mieux décrits ces dernières années et que des approches diagnostiques et thérapeutiques consensuelles ont été proposées par des groupes d’experts internationaux ces dernières années. Le SJSR est en effet fréquent, concernant avec plus ou moins de sévérité 7 % des adultes en France. Ses conséquences sur la qualité de vie et sur le fonctionnement diurne sont sévères [5]. Ce sont ces approches que nous vous présentons dans ce dossier. L’objet de cette mise au point est de montrer combien des patients se plaignant depuis des années d’impatiences des membres en ligne sur / on line on www.em-consulte.com/revue/lpm www.sciencedirect.com Presse Med. 2010; 39: 554555 ß 2010 Publié par Elsevier Masson SAS. Syndrome des jambes sans repos Dossier thématique 554 Éditorial tome 39 > n85 > mai 2010 doi: 10.1016/j.lpm.2010.02.037