Le développement a-t-il influencé l’agrobiodiversité dans le bassin tchadien au cours du XX e siècle ? Histoire d’une conservation par les échanges Christine RAIMOND 1 , Richard KENGA 2 , Aboubakar MOUSSA 3 , Claude ARDITI 4 , Christian SEIGNOBOS 5 , Eric GARINE 7 1 CNRS, 2 IRAD Maroua, 3 ISS Maroua, 4 EHESS, 5 IRD, 6 MNHN, 7 Univ. Paris Ouest Abstract Exchange, between kins, peers or even commercial partnership on market places are an important mechanism to maintain a high level of agrobiodiversity in the Lake Chad Basin. So called ‘informal’ seed exchange networks are of various scales and their role is complementary to markets where peasants can sell theirs crops, acquire seeds in case of shortage but also discover new cultivars to be tested. The seeds of improved varieties, produced by formal scientific research are often not distributed through these channels. This could explain why they are seldom used by local peasants. Au moment où la FAO reconnait que l’érosion de la diversité génétique des plantes cultivées concerne moins les variétés locales des pays du Sud que celles du Nord (FAO 2008), un inventaire de l’agrobiodiversité réalisé dans le bassin tchadien montre que les ressources génétiques domestiquées ont été conservées par les sociétés paysannes (Garine et al. 2013). Celles-ci conservent l’essentiel de leur patrimoine de variétés traditionnelles, et elles s’approprient aussi un certain nombre de nouveautés. L’objet de ce texte est d’étudier