A210 GASTROENTEROL CLIN BIOL, 2009, 33 P.323 Cancer du pancréas et maladie veineuse thromboembolique : implication du facteur tissulaire ? C Delluc (1), A Rousseau (2), A Delluc (3), E Le Moigne (3), K Lacut (3), E Oger (3), P Van Dreden (2), D Mottier (3) (1) Landerneau ; (2) Gennevilliers ; (3) Brest. Introduction : Le cancer du pancréas est l’un des cancers le plus fortement associé à la maladie veineuse thrombo-embo- lique (MVTE) [1]. Les cellules tumorales, en particulier celles du pancréas, sont capables d’exprimer le facteur tissulaire (FT), l’initiateur de la coagulation. Dans cette étude, nous avons comparé les taux circulants de FT chez les patients atteints de cancer du pancréas à ceux mesurés chez les patients avec un cancer d’un autre site. Patients et Méthodes : Entre le 1 er janvier 2005 et le 31 août 2007, 50 patients consécutifs [27 hommes (54 %), âge moyen 71,6 ± 11,7 ans] ayant participé à l’étude EDITH pour une MVTE symptomatique secondaire à un cancer actif ont été inclus. Le FT a été mesuré dans les 7 jours suivant le diagnostic de MVTE. Résultats : 7 patients (14 %) avaient une MVTE secondaire à un cancer du pancréas, 14 (28 %) à un cancer génito-uri- naire, 9 (18 %) à une tumeur bronchopulmonaire, 5 (10 %) à un lymphome, 15 (30 %) à une tumeur d’autre localisation. Il n’y avait pas de différence d’âge (68,3 ± 11,8 ans vs 72,2 ± 11,7 ans, p = 0,68) et de sexe (57 % d’hommes vs 53 %, p = 1) entre les patients avec un cancer du pancréas et les patients ayant un autre cancer. Le cancer du pancréas était associé à des taux moyens de FT significativement supérieurs à ceux des cancers d’une autre localisation (27,10 ± 30,60 pmol/l vs 6,04 ± 8,60 pmol/l, p = 0,002). Discussion : Une surexpression de FT lors du cancer du pan- créas pourrait expliquer l’incidence plus élevée de MVTE associée à ce cancer. Les nouveaux anticoagulants ciblant le FT pourraient être plus efficaces que les anticoagulants « classiques » pour la prévention primaire et secondaire de la MVTE chez les patients atteints de cancer du pancréas. Conclusion : De futures études devront confirmer que l’élé- vation des taux de FT au cours du cancer du pancréas est bien associée à une augmentation de l’incidence de la MVTE. Référence 1. Blom JW, et al. J Thromb Haemost 2006;4:529. P.324 Adénocarcinomes pancréatiques métas- tatiques (APM) : la chimiothérapie par Fol- firi peut permettre d’obtenir un contrôle tumoral après échec de la gemcitabine et des sels de platine O Hentic (1), C Dreyer (1), V Rebours (1), F Maire (1), M Zappa (1), A Couvelard (1), S Faivre (1), E Raymond (1), P Lévy (1), P Ruszniewski (1), P Hammel (1) (1) Clichy-sur-Seine. Introduction : La chimiothérapie (CT) par gemcitabine est le traitement standard en première ligne des APM. Après pro- gression, l’utilité de CT ultérieures n’est pas certaine et aucun schéma thérapeutique n’est clairement défini. L’efficacité d’une CT de première ligne par Folfiri a été suggérée [1]. Objectifs : Etudier rétrospectivement la tolérance et l’effica- cité du schéma Folfiri après CT par gemcitabine et sels de platine chez des malades ayant un APM. Matériels et Méthodes : Critères d’inclusion : APM histo- logiquement prouvé (02/06-06/08) ; progression ou toxicité majeure sous gemcitabine et/ou gemcitabine-sels de platine et/ ou 5FU-sels de platine ; indice OMS 2 ; absence de contre indication (cholestase). CT : Folfiri simplifié (irinotécan 180 mg/m 2 J1, 5FU 400 mg/m 2 J1 et 5FU 1 200 mg/m 2 J1 J2). Le nombre de cures, la meilleure réponse selon RECIST et la toxicité étaient évalués. La survie globale à partir du dia- gnostic, du début de l’administration de Folfiri et la survie sans progression étaient analysées selon Kaplan Meier. Résultats : 30 malades (17 hommes, 13 femmes) d’âge médian 61 ans (24-76), indice OMS 0 (n = 17) ou 1 (n = 13) ont été inclus après progression (n = 27) ou neuropathie aux sels de platine (n = 3). Le suivi médian était de 16 mois (7-35,5). Les malades recevaient en médiane 6 cures (3-19) de Folfiri en 2 ème ligne (n = 12), en 3 ème ligne (n = 16) ou en 4 ème ligne (n = 2). Dix neuf malades (63 %) avaient une adaptation de dose en raison d’une cholestase, d’une toxicité ou d’une asthénie. Six malades (20 %) avaient une neutropénie de grade 3-4 et 1 avait un épisode de diarrhée de grade 3 (aucun décès). Chez 29 malades évaluables, la meilleure réponse était une réponse objective, une stabilisation ou une progression dans res- pectivement 3 % (n = 1), 38 % (n = 11) et 59 % (n = 17) des cas. La CT était arrêtée pour progression chez 82 % (n = 23) des malades et pour un autre motif chez 18 % (toxicité n = 1, lassitude ou pause en raison d’une stabilité prolongée n = 3, infection n = 1). A la date des dernières nouvelles, 2 des 30 malades poursui- vaient la CT et 25 (83 %) étaient décédés. La survie sans progression sous Folfiri était de 3,4 mois (2,3-4,8). Les sur- vies médianes à partir du début du Folfiri et à partir du dia- gnostic initial étaient de 6,5 mois (5,5-8,5) et de 17,5 mois (14,5-24), respectivement. Il n’y avait pas de différence significative de survie globale et sans progression selon le rang de la ligne d’administration du Folfiri. Conclusion : Après gemcitabine et sels de platine, une CT par Folfiri a une toxicité acceptable et permet d’obtenir un contrôle tumoral chez 41 % des malades en bon état général atteints d’adénocarcinome pancréatique métastatique, avec une survie médiane de 17,5 mois. Ces résultats encoura- geants justifient la réalisation d’une étude prospective. Référence Taïeb J. Ann Oncol 2007;18:498.