Juillet 2009 L L a a m m u u l l e e t t a a d d u u p p r r o o t t e e c c t t i i o o n n n n i i s s m me e Christian Deblock Le commerce résiste mal à la crise. Les prévisionnistes de l’OMC, de l’OCDE et du FMI ne s’entendent pas sur les chiffres, mais tous s’accordent à dire que le commerce mondial connaîtra en 2009 sa pire année depuis la Guerre. Le scénario catastrophe se profile à l’horizon : la baisse de la production et de l’emploi ne peut qu’inciter les pays à protéger leur économie contre la concurrence étrangère et à faire preuve d’une agressivité accrue pour trouver des débouchés. Résister à la tentation du protectionnisme et ne pas chercher à exporter la crise chez les autres, mais, au contraire, soutenir le commerce et aider les plus pauvres à passer à travers la crise, c’est le mot d’ordre que sont donnés les grands de ce monde, appuyés en cela à l’unisson par les dirigeants des grandes organisations internationales, l’OMC en tête. Discours politique de circonstance certes, mais qui résiste mal aux faits et nous fait oublier que le commerce, comme la finance, n’obéit qu’à une seule loi, le profit. De leur côté, si les économistes insistent pour dire que le protectionnisme est aussi contre-productif que néfaste, on ne les entend guère, par contre, quand il est question de commercialisme. Et pour cause ! Le discours tourne depuis trois décennies autour d’une formule magique, l’intégration compétitive dans l’économie mondiale. La compétitivité n’est seulement devenue qu’une dangereuse obsession, comme s’en inquiétait déjà Paul R. Krugman dans les années 1990 ; elle a surtout peu à voir avec l’image du « doux commerce » chère à Montesquieu. C’est sur ces deux facettes du débat que je me propose de revenir dans cette note. Je reviendrai dans un premier temps sur le discours « officiel » et sur les arguments qui lui sont sous-jacents, puis dans un deuxième temps sur le ton pondéré que les économistes cherchent à maintenir dans un débat qui ne porte déjà plus sur le protectionnisme, mais sur le commercialisme. Je conclurai sur cette idée.