23 Michel LORRILLARD REGARDS CROISÉS SUR L’HISTORIOGRAPHIE ET L’ÉPIGRAPHIE DU LĀN XĀNG : le cas d’édits royaux relatifs à la pratique religieuse au XVI e siècle INTRODUCTION L’objet de la présente contribution est de mettre en évidence l’existence d’importantes correspondances textuelles entre les chroniques et les inscrip- tions de l’ancien royaume du Lān Xāng, et plus encore les indices qu’offrent ces correspondances pour débrouiller le processus jusqu’ici mal compris du développement de l’historiographie lao 1 . Parce que la mémoire mouvante qu’ils ont laissée témoigne parfaitement des relations complexes qui se sont Maître de conférences à l’École française d’Extrême-Orient. 1 Ce texte reprend le contenu d’une présentation faite le 4 juin 2019 dans le cadre du séminaire Scripta / EPHE (« L’écriture à la lettre : pratiques épigraphiques et réflexion littéraire en Asie du Sud-Est ») organisé par François Lagirarde et Grégory Kourilsky. Il s’inscrit en amont de l’exposé qui a été communiqué à Leiden lors de la conférence ICAS11 (15-19 juillet 2019) et qui a été publié sous une forme plus complète dans un précédent article : LORRILLARD, M., « Religion et pouvoir royal au Lān Xāng (XIV e -XVI e siècles) », Péninsule, n° 80, 2020 (1), pp. 65-91. On trouvera dans ce dernier d’autres illustrations des trois inscriptions que nous étudions ici. Nous n’avons pas jugé nécessaire, dans cet article de portée générale, de nous conformer aux règles très strictes qui s’appliquent pour les éditions critiques de textes. Pour les termes pâlis et sanscrits, nous avons opté pour le système de translittération traditionnel. Le vocabulaire, les noms et les formules en langue vernaculaire (lao) ne sont rendus que dans une transcription phonétique simple, sans signes diacritiques, avec des exceptions comme Lān Xāng et Lān Nā. Lorsque des extraits de textes sont copiés en écriture lao ou thaïe, l’orthographe et la graphie sont modernisées. Péninsule n° 82 2021 (1)